Menaces de mort : Mélenchon demande des comptes à Collomb

Menaces de mort : Mélenchon demande des comptes à Collomb

Jean-Luc Mélenchon pourrait porter plainte contre Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. Il lui reproche de ne pas l'avoir informé de menaces de mort le concernant.

leparisien.fr, publié le mardi 03 avril 2018 à 19h56

Victime de menaces de mort lors des dernières campagnes présidentielle et législatives sans en avoir été informé, Jean-Luc Mélenchon demande que le ministre de l'Intérieur soit entendu par la justice.

C'est une ténébreuse affaire que Jean-Luc Mélenchon espère relancer. Le patron de la France insoumise veut que le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, soit entendu par la justice dans une affaire de menaces de mort dont il était la cible au sortir de la campagne présidentielle. Il l'a fait savoir par son avocat au juge en charge de l'affaire il y a une semaine.

Tout commence par l'arrestation fin juin, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), de Logan N., 31 ans, militant d'extrême droite, soupçonné d'apologie du terrorisme. L'homme, en possession de plusieurs armes, était admirateur du tueur norvégien d'extrême droite Anders Breivik et du régime hitlérien auquel il multipliait les références. Une fois entendu par les enquêteurs, Logan révèle qu'il avait envisagé sérieusement de s'attaquer à Jean-Luc Mélenchon ainsi qu'à Christophe Castaner, encore maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) et figure montante d'En Marche, le parti d'Emmanuel Macron. Plus inquiétant, alors qu'il était d'abord considéré comme un loup solitaire, il avoue alors travailler avec un véritable réseau : une dizaine d'activistes d'extrême droite qu'il parviendra même à joindre depuis sa cellule, les exhortant à poursuivre leur « combat » pour que lui n'ait pas « fini en taule pour rien ».

Les enquêteurs parviennent alors à remonter la trace du groupuscule : neuf jeunes âgés de 20 à 30 ans, tous passés par des groupes extrémistes, type Action Française ou le mouvement pour la nouvelle Europe, inspiré du parti fasciste grec Aube Dorée. Là, ils découvrent un véritable arsenal : des armes, le nécessaire pour fabriquer du napalm et aussi des fausses cartes d'identité. Leur groupe avait pris pour sigle « OAS », référence directe à l'armée secrète des partisans de l'Algérie française. Parmi les interpellés, on retrouve un artificier, chargé de confectionner des explosifs.

Des agents pour protéger Mélenchon, selon CollombC'est à la suite de ce coup de filet que Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon apprennent que leurs noms étaient mêlés à cette affaire. Le dossier prend alors un tour politique. Le député Insoumis des Bouches-du-Rhône interpelle le gouvernement. « J'aurais apprécié être informé ! », lance alors Mélenchon. Le ministre de l'Intérieur répond par la suite « que les cibles n'étaient pas aussi précises que cela » et que « des gens de la DGSI (les services de renseignement intérieur), devaient suivre (Mélenchon) de manière à le protéger ». Sans que l'intéressé ne soit mis au courant.

Le camp Mélenchon s'interroge alors : pourquoi n'a-t-il pas été averti du danger potentiel, alors même qu'il était en campagne pour les législatives à Marseille (Bouches-du-Rhône), non loin d'où vivait Logan N. et son réseau ? L'autre fait qui interpelle : pourquoi Gérard Collomb évoque-t-il la DGSI alors que ce service, en pointe dans la lutte antiterroriste en France, n'est aucunement chargé de la protection des personnalités ? Une confusion pour le moins gênante de la part du ministre sur un dossier sensible, ou alors ne dit-il pas tout ? « Nous voulons savoir la vérité », fait savoir Juan Branco, l'avocat de Mélenchon sur ce dossier. Le cabinet de Gérard Collomb, contacté par nos soins, n'a, à ce stade, pas souhaité faire de commentaire.

Les Insoumis n'excluent pas de porter plainte contre le ministre s'ils n'obtiennent pas d'explication. Ce « coup » médiatique contre le gouvernement n'apparaît pas complètement anodin, alors que le chef des Insoumis est engagé dans un bras de fer contre la politique de Macron.

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