Marseille : une marche blanche contre les règlements de compte

Marseille : une marche blanche contre les règlements de compte
La famille d'Engin et ses proches lui ont rendu hommage, entourés par les habitants de Plan d'Aou, un quartier difficile du nord de Marseille (capture d'écran).

leparisien.fr, publié le dimanche 17 juin 2018 à 22h40

Engin, un chauffeur de car de 28 ans, avait été abattu fin mai. Pour sa famille, il est la victime collatérale d'un règlement de compte. Elle a organisé dimanche une marche en mémoire du jeune homme.

Quelque huit cents personnes ont participé dimanche à une marche blanche en mémoire d'Engin Günes, un jeune homme assassiné dans un règlement de comptes à Plan d'Aou, un quartier difficile du nord de Marseille (Bouches-du-Rhône). Portant un tee-shirt blanc à l'effigie de la victime, les manifestants ont parcouru cette cité sensible dans le calme et le recueillement.

Ils répondaient à l'appel de Demet Günes, la sœur ainée d'Engin, qui assure que son frère a été une victime collatérale des règlements de comptes qui endeuillent régulièrement la cité phocéenne. Le 26 mai, deux hommes d'une trentaine d'années, dont Engin Günes, avaient été tués à la kalachnikov dans les locaux d'une association sportive de l'Estaque, quartier littoral du nord de la ville.

La victime venait jouer aux cartes

La sénatrice PS des Bouches-du-Rhône Samia Ghali, qui est allée au chevet de la famille d'Engin, avait expliqué que ce chauffeur de car de 28 ans était venu jouer aux cartes dans le local et se serait retrouvé dans le champ de tir de l'assaillant.

Dimanche, Samia Ghali défilait aux côtés de la famille Günes. « La violence, la délinquance n'ont pas de frontière. La seule frontière qui existe, qui balafre Marseille, c'est cette frontière politique qui - au fil des années - a divisé notre ville et a formé cette prison à ciel ouvert », a dénoncé la sénatrice sur Twitter.

Douze morts depuis le début de l'année

Sur son compte Facebook, elle a publié une vidéo de la marche, où l'on entend, après une minute de silence, le discours d'une des sœurs d'Engin. La jeune femme rappelle que son frère n'était pas « un vulgaire délinquant ».

« Même si tu as grandi avec nos frères de fortune, tu avais choisi un autre chemin », a-t-elle lu. « Ce banditisme est une menace dans nos quartiers, elle pèse lourdement sur nos vies au quotidien », a-t-elle dénoncé.

Selon la police judiciaire, depuis le début de l'année, 12 personnes sont mortes dans des règlements de comptes dans la région marseillaise.

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