Maroc : agression pour non-respect du ramadan, 14 suspects poursuivis

Maroc : agression pour non-respect du ramadan, 14 suspects poursuivis
Images de l'agression diffusées sur les réseaux sociaux.
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leparisien.fr, publié le lundi 04 juin 2018 à 22h55

La vidéo de l'agression a fait scandale au royaume chérifien. La justice marocaine va poursuivre les agresseurs.

Quatorze personnes doivent comparaître mardi devant la justice marocaine pour avoir passé à tabac, dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, un homme et une femme qu'ils accusaient de ne pas respecter le ramadan.

Les mis en cause, « âgées de 28 à 31 ans », sont poursuivis pour « vol, coups et blessures, et détérioration d'un bien appartenant à autrui », a déclaré lundi un porte-parole du ministère public.

Elles comparaîtront mardi devant le tribunal de Safi, à 400 km au sud de Rabat, a-t-il précisé. Le parquet a ouvert une enquête après la diffusion, fin mai sur les réseaux sociaux, de la vidéo d'une agression qui a suscité l'indignation dans le royaume.

Les images de l'agression/Capture YouTube

Elle montrait un groupe d'individus cagoulés et armés de bâtons en train d'injurier une jeune femme au visage ensanglanté et un homme, qui se trouvaient dans une camionnette, dans un village près de Safi.

Les assaillants justifiaient leurs actes par le fait que les victimes « s'apprêtaient à manger pendant le ramadan » et à avoir une « relation sexuelle ».

Certains des agresseurs présumés, qui se présentent comme des travailleurs agricoles, ont témoigné à visage découvert dans la presse locale et affirmé qu'ils cherchaient à dissuader les victimes de « commettre un péché ».

Le couple n'est pas poursuivi pour « adultère »

La victime masculine s'est présentée dans les médias marocains comme un chauffeur de taxi clandestin et la jeune femme comme une étudiante. Ils ont été entendus par la justice et ne seront pas poursuivis, a indiqué le porte-parole du ministère public, démentant des affirmations de la presse marocaine selon lesquelles les deux victimes étaient poursuivies pour « adultère ».

La loi marocaine interdit les relations sexuelles hors mariage, passibles de peines pouvant aller jusqu'à un an de prison, de même que la rupture du jeûne en public, passible d'une peine d'un à six mois de prison.

Durant le mois sacré de ramadan, un des cinq piliers de l'islam, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube jusqu'au coucher du soleil.

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