Marne : l'agriculteur poursuivi pour tentative de meurtre sur un voleur présumé remis en liberté

Marne : l'agriculteur poursuivi pour tentative de meurtre sur un voleur présumé remis en liberté
Des agriculteurs manifestent à Reims le 13 février 2020 pour demander la libération de Jean-Louis Leroux, poursuivi pour tentative de meurtre sur un voleur présumé.

, publié le jeudi 13 février 2020 à 17h15

L'agriculteur de 46 ans a tiré au fusil à plomb sur un groupe de voleurs présumés de gasoil, blessant grièvement au ventre un jeune homme de 19 ans. 

Jeudi 13 février, la chambre de l'instruction du tribunal de Reims a accepté la demande de remise en liberté de Jean-Louis Leroux, un agriculteur marnais poursuivi pour tentative de meurtre sur un voleur de carburant présumé. L'homme, âgé de 46 ans, a été placé sous contrôle judiciaire. Il devra pointer à la gendarmerie deux fois par semaine, a interdiction de se rendre dans la Marne et d'entrer en contact avec les personnes liées au dossier.

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, l'agriculteur, qui se dit victime d'une quarantaine de vols rien qu'en 2019 sur son exploitation d'Ambrières entre Vitry-Le-François (Marne) et Saint-Dizier (Haute-Marne), a tiré au fusil à plomb sur un groupe de voleurs présumés de gasoil.

Les coups ont blessé grièvement au ventre un jeune homme de 19 ans, appartenant à la communauté des gens du voyage. Le jeune homme est actuellement toujours dans le coma selon son avocat Thomas Hellengrand.



Jeudi matin, lors de l'audience de la chambre de l'instruction, l'avocat général Jacques Louvier ne s'était pas opposé à la remise en liberté de l'agriculteur, principalement parce que l'homme a trouvé un hébergement chez sa soeur, à 80 km de la ferme où s'est produit le drame. 

Cette remise en liberté "est un mauvais signal et une caution donnée à une justice privée", a réagi Thomas Hellengrand, s'étonnant que le procureur général se soit montré favorable à la remise en liberté jeudi, après s'y être opposé dans son réquisitoire écrit mercredi soir.

À l'issue de la garde à vue de Jean-Louis Leroux, le parquet de Reims avait requis le placement en détention provisoire. La légitime défense n'avait pas été retenue, "en l'absence d'élément de proportionnalité à ce stade de l'enquête". "Nous n'avons pas d'éléments sur l'intention d'homicide", a plaidé Me Chemla, l'avocat de l'agriculteur, tandis que Me Thomas Hellengrand estimait que l'agression était un véritable "guet-apens". 

Dans la matinée, environ 600 agriculteurs avaient manifesté à Reims, à proximité de la cour d'appel, pour soutenir la demande de libération de Jean-Louis Leroux, aux cris de "Ras le bol des vols", "Libérez Jean-Louis Leroux", "Stop à l'insécurité". Un important dispositif de sécurité avait été déployé autour des manifestants.

"Jean-Louis Leroux incarne ce que tout le monde vit dans l'agriculture et la viticulture", a commenté Hervé Lapie, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricole) de la Marne qui vient de lancer une cagnotte solidaire en ligne pour accompagner financièrement l'agriculteur et sa famille. "Il faut remettre de l'ordre dans nos campagnes", a estimé Maxime Toubard, président du SGV (Syndicat général des vignerons). "On alerte depuis longtemps", a ajouté Joël Lhospital, président de la FDSEA de l'Aube.
 
 

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