Mariages chinois de Tours: condamnée à 4 ans et en fuite, Lise Han a été interpellée

Mariages chinois de Tours: condamnée à 4 ans et en fuite, Lise Han a été interpellée
Lise Han, condamnée dans l'affaire dite des mariages chinois, au palais de justice de Tours, le 13 octobre 2015

AFP, publié le mercredi 19 septembre 2018 à 17h48

Lise Han, en fuite depuis sa condamnation en février lors du procès en appel à quatre ans de prison dans l'affaire d'escroquerie et de détournement de fonds publics dite "des mariage chinois de Tours", a été interpellée mercredi, a-t-on appris de source policière.

Elle a été interpellée dans "l'arrière-pays niçois à 7h du matin" par la brigade d'exécution des décisions de justice (BEDJ) de la préfecture de police, selon la source policière. 

Originaire de Taïwan, Lise Han avait été condamnée à quatre ans de prison, dont un an avec sursis, par la cour d'appel d'Orléans en février pour prise illégale d'intérêt, escroquerie et détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. 

En raison de son absence lors du prononcé de l'arrêt de la cour, un mandat d'arrêt avait été délivré contre l'ancienne maîtresse de Jean Germain, l'ex-sénateur-maire socialiste de Tours. Celui-ci s'était suicidé juste avant le procès de première instance devant le tribunal correctionnel de Tours.

Entre 2007 et 2011, Lise Han organisait des "noces romantiques" pour les touristes chinois dans la région des Châteaux de la Loire. Aux termes de marchés de plusieurs centaines de milliers d'euros conclus entre la mairie de Tours et la société qu'elle avait créée, des couples chinois venaient renouveler leurs vœux devant le maire de la ville, dans le cadre d'un programme touristique.

Maîtresse à l'époque de Jean Germain, elle avait été embauchée à la mairie pour superviser les échanges avec la Chine en 2008. Même si elle avait alors démissionné de la direction de son entreprise, elle continuait de fait à en tirer les ficelles. Elle aurait ainsi empoché près de 750.000 euros de marchés publics pour l'organisation entre 2008 et 2011 de la célébration de 240 mariages symboliques de couples chinois. Elle percevait en outre son salaire à la mairie de Tours ainsi que 3.000 euros auprès de chaque couple.

Jean Germain était poursuivi pour complicité, la justice le soupçonnant malgré ses dénégations d'avoir été au courant de ce tour de passe-passe. Il s'était suicidé le 7 avril 2015, quelques instants avant l'ouverture prévue du procès.

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