Le procès de Pierre Botton pour abus de biens sociaux renvoyé à lundi

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Pierre Botton visite la maison d'arrêt de Nanterre le 12 avril 2010, dans le cadre d'une mission confiée par le gouvernement pour "diminuer le choc carcéral"
Pierre Botton visite la maison d'arrêt de Nanterre le 12 avril 2010, dans le cadre d'une mission confiée par le gouvernement pour "diminuer le choc carcéral"
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© AFP

, publié le mercredi 26 février 2020 à 15h20

Le procès de l'ex-homme d'affaires Pierre Botton, soupçonné d'avoir détourné une partie des fonds de l'association contre la récidive qu'il avait fondée, a été renvoyé mercredi à lundi du fait de la grève des avocats.

Le président a indiqué qu'en raison de la mobilisation des robes noires, le tribunal devait examiner sept dossiers de comparution immédiate et, donc, renvoyer le procès de M. Botton, qui "commencera véritablement lundi".

Le conseil de l'ordre du barreau de Paris a voté mardi soir la poursuite et le "durcissement" de la grève contre la réforme des retraites avec, notamment, trois journées de "défense massive" au cours desquelles les avocats soulèvent en nombre tous les points de procédure possibles.

Pierre Botton s'est assis brièvement dans la salle d'audience mercredi, aux côtés de son ex-femme et co-prévenue, l'ancienne présidente de l'association Anne-Valérie Noir.

Cet ancien homme d'affaires de 64 ans, qui conteste "formellement" ce qui lui est reproché, s'était engagé dans la réforme pénitentiaire et la lutte contre la récidive après avoir passé 20 mois en détention dans les années 1990.

En 1996, il avait été condamné en appel à 5 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour abus de biens sociaux, dans une affaire politico-financière impliquant aussi son beau-père d'alors, Michel Noir, ex-ministre RPR et député-maire de Lyon.

Il avait ensuite fondé une association - "Prisons du cœur" qui deviendra "Ensemble contre la récidive" - visant à améliorer les conditions de détention des condamnés à des peines inférieures à 5 ans.

A la suite d'une enquête préliminaire ouverte en 2017, il a été renvoyé devant le tribunal pour une dizaine d'infractions liées à cette association, notamment abus de confiance, abus de biens sociaux et escroquerie.

M. Botton est soupçonné d'avoir récupéré une partie des fonds de l'association par le biais de sa société, au sein de laquelle il aurait fait passer des frais personnels pour des dépenses professionnelles: loyers et travaux dans une villa à Cannes et dans son logement parisien, voyages, frais de restauration et d'hôtellerie de luxe... Les montants concernés se chiffrent en centaines de milliers d'euros.

M. Botton est par ailleurs poursuivi pour avoir présenté à l'association en 2014 une facture de 515.619 euros, qui avait, selon l'accusation, déjà été réglée.

L'avocat de M. Botton a déclaré qu'il plaiderait la relaxe. En amont de l'audience, Me Jérôme-Marc Bertrand a dénoncé une "enquête à charge du début à la fin, qui n'interroge pas les bonnes personnes, qui n'étudie pas les bonnes factures et surtout, qui garde des œillères jusqu'au bout."

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