Le meurtrier présumé de Tom trahi par «trois flashs»

Le meurtrier présumé de Tom trahi par «trois flashs»
Jonathan M., 27 ans, vivait dans cette maison abandonnée au Hérie-la-Viéville dans l'Aisne.

leparisien.fr, publié le vendredi 01 juin 2018 à 06h43

Jonathan M., suspecté d'avoir tué et violé le jeune Tom, 9 ans, dans l'Aisne, a été mis en examen et écroué jeudi. Sa personnalité fragile est au cœur de l'instruction.

Jonathan M. est resté mutique devant les deux juges d'instruction. Après 48 heures de garde à vue, le jeune homme de 27 ans suspecté d'être le responsable de la mort de Tom, 9 ans, dont le corps a été retrouvé lundi soir au Hérie-la-Viéville (Aisne), a été mis en examen jeudi après-midi pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans précédé ou accompagné d'un viol ». Il a été placé en détention provisoire.

La qualification pénale retenue est lourde, « passible de la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans », a souligné le procureur de Laon, Baptiste Porcher, dans un communiqué. Après son passage devant les magistrats, le suspect, à la crête iroquoise blonde et aux écarteurs d'oreille, est apparu « perdu et abattu », selon une source proche du dossier.

Jonathan M. /DR

L'affaire s'est dénouée dans la nuit de mercredi à jeudi. Faute de retour d'analyses scientifiques et techniques, les gendarmes de la section de recherches d'Amiens se heurtent dans un premier temps au silence et aux dénégations de Jonathan M. Seule certitude : il est allé cueillir des cerises avec Tom le soir de sa disparition. Aucun autre villageois n'a revu le garçon blondinet après.

«Mon client n'a pas fait d'aveux»

C'est lorsque les enquêteurs parviennent à le mettre en confiance, en toute fin de garde à vue, que Jonathan M. évoque subitement « trois flashs » qui lui reviennent en mémoire. Dans l'un d'eux, il se souvient même d'avoir « frappé » Tom. Pourquoi ? Le suspect ne s'en explique pas. De même, il ne se rappelle pas avoir violé le garçon. L'autopsie a pourtant révélé des traces de violences sexuelles sur le corps de Tom. Celui-ci ne portait aucun pantalon et son t-shirt était relevé au-dessus de sa poitrine.

« Mon client n'a pas fait d'aveux, tempère son avocate, Me Sabine Dufour, jointe jeudi soir. La présomption d'innocence s'applique. Le fait qu'il soit écroué ne fait pas de lui un coupable. »

Des SMS effacés

L'instruction, menée par deux magistrats et les gendarmes de la SR d'Amiens, va désormais s'attacher à préciser les circonstances dans lesquelles Tom a été tué. Selon nos informations, les analyses génétiques pratiquées sur le parpaing ensanglanté saisi sur la scène du crime n'ont révélé aucun ADN, autre que celui de Tom. C'est ce lourd bloc de béton qui a provoqué le traumatisme crânien fatal au garçon. Les enquêteurs sont par ailleurs intrigués par plusieurs SMS effacés par Jonathan M. le soir de la disparition du mineur. Ils ont aussi exhumé d'autres messages échangés avec sa sœur, mais ceux-ci n'ont rien révélé de « compromettant ».

L'instruction vise également à faire la lumière sur la personnalité trouble du jeune excentrique. Celui-ci présentait des symptômes de schizophrénie, selon ses proches. Il avait été hospitalisé dans un établissement spécialisé. Comme dans toute affaire criminelle, une expertise psychiatrique du suspect va être ordonnée par les magistrats instructeurs. En l'état, sa responsabilité pénale n'est pas remise en cause.

La mise en examen de Jonathan, alias « Bill », est en tout cas un choc pour ses proches. Car si nul ne pouvait ignorer son profil extravagant, le jeune homme, amateur de jardinage et vivant seul de petits boulots, ne s'était jusqu'ici jamais distingué pour des faits d'une quelconque gravité. « Mon fils a horreur de la violence. Si c'est lui, ça ne peut être qu'un coup de folie, nous confiait mercredi matin Marie-Noëlle, sa maman. Aucun épisode traumatique n'a perturbé sa vie, si ce n'est de graves crises d'asthme qui l'ont conduit en cure dans les Pyrénées.

La maman du suspect témoigne

Célibataire, élevé avec deux sœurs et six frères, Jonathan M. est décrit comme certes fragile, mais aussi « sociable » et « dragueur ». Amateur des réseaux sociaux type Snapchat, ce bisexuel assumé avait d'ailleurs prévu de se rendre samedi 2 juin à la Gay Pride de Lille (Nord).

Les experts vont devoir fouiller le passé de Jonathan M. pour comprendre comment ce garçon si « serviable » aurait pu se muer en tueur d'enfant.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.