Le "gilet jaune" blessé à l'œil samedi refuse d'être auditionné par l'IGPN

Le "gilet jaune" blessé à l'œil samedi refuse d'être auditionné par l'IGPN
Manuel C., le "gilet jaune" grièvement blessé à l'œil a refusé d'être auditionné par l'Inspection générale de la police nationale chargée de l'enquête judiciaire

, publié le mercredi 20 novembre 2019 à 18h14

Manuel C., le "gilet jaune" grièvement blessé à l'œil samedi à Paris par un projectile probablement tiré par la police, a refusé mercredi d'être auditionné par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) chargée de l'enquête judiciaire, a annoncé son avocat dans un communiqué.

Selon Me Arié Alimi, "son client refuse d'être auditionné" par ce service en raison, selon lui, de "la partialité de l'IGPN qui étouffe les affaires de violences policières".

L'avocat attaque aussi le parquet de Paris, accusé de "blocage" sur les dossiers de violences policières.

Manuel C., qui a perdu l'usage de son œil gauche selon sa compagne, "refuse également de transmettre les vidéos de la scène et des fonctionnaires impliqués" et "demande la désignation immédiate d'un juge d'instruction compte tenu du caractère criminel de l'affaire", ajoute l'avocat.

"Les vidéos des responsables seront diffusées au public dans un délai d'une semaine à défaut de désignation d'un juge", menace-t-il.

Dans une première vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, cet homme de 41 ans discute avec d'autres manifestants place d'Italie, alors que la situation est très tendue aux alentours. Soudainement, vers 15h45, un projectile le heurte violemment à l'œil gauche.

Lundi, le préfet de police de Paris Didier Lallement avait annoncé qu'il allait saisir l'IGPN, "à la demande du ministre de l'Intérieur".

De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours".

Pour contourner cette procédure, Me Alimi affirme avoir déposé une plainte auprès du doyen des juges d'instruction pour réclamer une requalification criminelle en "violences" aggravées "ayant entraîné une mutilation permanente".

La plainte vise nommément le préfet Didier Lallement, l'accusant de complicité pour avoir autorisé l'usage de lanceurs de grenade 56 mm.

Ces lanceurs de grenades lacrymogènes, dits Cougar ou Chouka, font partie des armes de maintien de l'ordre contestées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

Au total, 372 procédures judiciaires ont été enregistrées en France après des plaintes contre des forces de l'ordre, selon un décompte du ministère de la Justice transmis à l'AFP. 

Parmi elles, 109 ont été classées sans suite et 29 ont fait l'objet de l'ouverture d'une information judiciaire. Trois renvois en correctionnelle de fonctionnaires - dont un CRS jugé jeudi à Paris - ont été ordonnés.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.