La Néerlandaise Noa Pothoven n'a pas été euthanasiée, contrairement à ce qu'ont affirmé de nombreux médias internationaux

La Néerlandaise Noa Pothoven n'a pas été euthanasiée, contrairement à ce qu'ont affirmé de nombreux médias internationaux
Le jeune fille, victime de viols, avait décidé de se laisser mourir (illustration).

, publié le jeudi 06 juin 2019 à 11h00

"Pour mettre fin à ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire", a affirmé mercredi une clinique aux Pays-Bas. Depuis mercredi, de nombreux médias internationaux ont rapporté que l'adolescente de 17 ans avait été euthanasiée. 

La jeune fille est morte dimanche 2 juin.

L'adolescente néerlandaise Noa Pothoven, qui souffrait de dépression après avoir été victime de trois viols durant son enfance, est décédée après avoir cessé de s'alimenter et de boire. Elle n'a pas été euthanasiée, a déclaré mercredi 5 juin une clinique aux Pays-Bas, contredisant de nombreux médias internationaux. En France, l'article de Paris Match était titré ainsi : "Face à une vie qu'elle ne supportait plus, Noa, 17 ans, a choisi l'euthanasie". Un titre remplacé par "Noa, 17 ans, a choisi de mourir". 



Noa Pothoven, 17 ans, auteure l'an dernier d'un livre sur sa longue bataille contre l'anorexie, la dépression sévère et un syndrome de stress post-traumatique, est décédée dimanche après avoir indiqué quelques jours plus tôt sur son compte Instagram avoir "perdu l'envie de vivre". Certains médias néerlandais ont affirmé que Noa avait contacté la clinique Levenseindekliniek de La Haye, spécialisée dans l'euthanasie, pour solliciter un suicide assisté, mais s'était vu opposer un refus.

Son intention de mourir publiée sur Instagram 

Des médias internationaux ont alors rapporté mardi et mercredi que la jeune fille avait été euthanasiée. "Pour mettre un terme aux fausses informations (dans les médias internationaux en particulier) sur sa mort, nous vous renvoyons à la déclaration faite par les amis de Noa cet après-midi : Noa Pothoven n'a pas été euthanasiée", a déclaré l'établissement dans un communiqué. "Pour mettre fin à ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire", a poursuivi l'établissement.


Noa Pothoven avait subi une agression sexuelle à l'âge de 11 ans. Trois ans plus tard, elle avait été victime de deux viols dans sa ville d'origine Arnhem (est). Elle avait annoncé son intention de mourir dans un message publié sur son compte Instagram, qui a depuis été supprimé. "Dans les 10 prochains jours, je vais mourir", écrivait-elle. "Cela fait un moment que je cesse de manger et de boire et après de nombreuses discussions ... il a été décidé de me laisser partir parce que ma vie est insupportable", avait-elle ajouté. Noa Pothoven a publié en 2018 un ouvrage intitulé "Gagner ou apprendre", dans lequel elle raconte son combat contre ses angoisses et son mal-être.

Avec la Belgique, les Pays-Bas ont été en 2002 le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie des personnes malades dont la souffrance est "insupportable et sans perspective d'amélioration". L'euthanasie n'est autorisée par la loi néerlandaise que sous de strictes conditions. Au moins deux médecins doivent certifier qu'il n'y a pas d'autre solution raisonnable pour le patient.

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