La Croatie sous le choc de l'affaire de "la femme congelée"

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Photo du 16 février 2019 montrant la maison de Mala Subotica (nord de la Croatie) où a été trouvé le cadavre d'une jeune fille dans un congélateur
Photo du 16 février 2019 montrant la maison de Mala Subotica (nord de la Croatie) où a été trouvé le cadavre d'une jeune fille dans un congélateur
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AFP, publié le mardi 19 février 2019 à 15h56

La disparition en 2000 de Jasmina Dominic a trouvé une réponse épouvantable samedi à l'ouverture d'un congélateur dans un village de Croatie: y reposait le corps de cette étudiante dont la sœur a été arrêtée.

"Qui est Smiljana Srnec?" s'interroge, à propos de cette quadragénaire soupçonnée par les enquêteurs, le quotidien Vecernji List, qui publie une photo d'une femme corpulente au visage souriant, cheveux courts et portant des lunettes. Jutarnji List titre sur "L'horreur glaçante en Medjimurje", région de plaines du nord de la Croatie. 

"J'ai vu beaucoup de choses, beaucoup de choses atroces, mais jamais rien de tel", a témoigné à la chaîne publique HRT l'ancien patron de l'Institut médico-légal de Zagreb, Dusan Zecevic. 

Choqués, les voisins de Smiljana Srnec, 45 ans, se terrent derrière les fenêtres closes de Palovec, village de 900 habitants proche de la Hongrie, où l'on vit surtout de la terre et d'une usine de chaussures. 

"C'est comme si le temps s'était arrêté", dit à l'AFP le maire Valentino Skvorc: "Des choses comme ça adviennent normalement dans les séries télé étrangères..." 

- 'En état de choc' -

"Personne dans le village ne dort plus. Nous sommes tous en état de choc", dit un voisin de 62 ans, qui, comme les rares habitants qui acceptent de parler, ne donne pas son nom. "C'est atroce", renchérit une jeune femme, non loin de la rue où réside Smiljana Srnec avec son mari, couvreur, ses trois enfants et son gendre.   

C'est ce dernier qui, selon les médias locaux, a fait samedi la découverte dans le congélateur au rez-de-chaussée de la maison blanche.   

Le parquet soupçonne Smiljana Srnec d'avoir tué, pour un mobile inconnu, sa cadette, alors âgée de 23 ans, puis d'avoir dissimulé le corps dans le congélateur de la maison familiale. A l'époque de la disparition, elle était occupée par les deux sœurs, les parents travaillant à l'étranger, selon la presse croate. 

Le père est décédé il y a quelques années, tandis que la mère travaille comme cuisinière en Allemagne, racontent les voisins et les médias croates.  

Un site spécialisé date la disparition de Jelena Dominic à août 2000, quand son absence est relevée à la faculté comme à son petit emploi d'étudiante. 

Pourtant sa famille ne la déclare qu'en 2005. A l'époque, la police fouille en vain la maison et soumet au détecteur de mensonges plusieurs membres de la famille: ils expliquent que la jeune femme leur aurait dit travailler sur un bateau de croisière, a indiqué lundi un porte-parole de la police. 

- Autopsie et interrogatoires -

Un voisin, qui ne s'identifie pas, raconte que la police lui a demandé d'assister à la fouille de la maison en qualité de témoin. "Pendant deux secondes, je l'ai vue, accroupie dans le congélateur, les bras le long du corps", raconte à l'AFP cet homme qui se souvient des deux sœurs. 

"Elles étaient différentes (...) Jasmina était gentille, discrète, elle étudiait à Zagreb, travaillait beaucoup", tandis que Smiljana "n'était pas tellement aimée et ne travaillait pas trop à l'école", affirme-t-il. "Le mobile, c'était peut-être la jalousie entre sœurs", spécule-t-il, tandis qu'un autre voisin est plus prudent devant cette "énigme". 

"C'était peut-être une mort accidentelle, les parents étaient peut-être au courant", avance Stjepan, mécanicien de 60 ans, attablé au bar local Domino. Mais "si Smiljana était au courant pour le corps, c'est écœurant, elle passait à côté chaque jour...", dit-il. 

L'autopsie et les premiers interrogatoires de Smiljana Srnec, présentée mardi à un juge, leur apporteront peut-être des réponses. 

"Les gens sont effondrés", dit Valentino Skvorc qui s'inquiète pour les Srnec: "Il vont devoir continuer à vivre avec ce poids", avec "cette marque d'infamie qui restera un bon moment". 

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