Jusqu'à 7 ans de prison requis dans un procès du "proxénétisme des cités"

Jusqu'à 7 ans de prison requis dans un procès du "proxénétisme des cités"
Des peines allant de 8 mois à 7 ans de prison ont été requises dans un procès du "proxénétisme des cités"

AFP, publié le lundi 02 juillet 2018 à 17h13

Le parquet a requis lundi à Paris des peines allant de 8 mois à 7 ans de prison ferme contre douze hommes, jugés pour avoir prostitué une vingtaine de jeunes filles, la plupart mineures, en Ile-de-France. 

"Le proxénétisme des cités se porte dramatiquement bien", a déploré le procureur Barthélémy Hennuyer. "C'est devenu une mode", avait dit une victime aux enquêteurs, mais lui opte pour un tout autre vocabulaire: "Moi, j'appelle cela un fléau".  

Les prévenus, jugés depuis le 25 juin pour "proxénétisme aggravé", encourent jusqu'à dix ans de prison. Les faits se sont déroulés aux quatre coins de l'Ile-de-France en 2015 et 2016. 

Ces hommes, pour la plupart âgés de 22 et 23 ans, recrutaient des filles sur les réseaux sociaux, dans des bars ou même dans la rue, leur proposant de "gagner beaucoup d'argent en donnant du plaisir à des hommes". La plus jeune des victimes avait 14 ans au moment des faits. 

Mais aucune de ces jeunes filles n'est venue témoigner: "elles ont été dramatiquement absentes de ce procès", a regretté le procureur. Il a décrit des victimes "couvertes de honte, qui se sentent coupables". 

Les victimes étaient consentantes, "mais quand on a 15, 16, 17 ans, c'est quoi le consentement?", a interrogé le procureur. "Elles n'avaient aucune idée du piège qui se refermait sur elles".

Le parquet a requis 7 ans de prison contre Stéphane Kessié, décrit comme "le meneur". "Il a des lieutenants, des sous-lieutenants. (...) Il est sur toute la chaîne", a déclaré Barthélémy Hennuyer. Cet homme, qui est en détention provisoire, recrutait des filles, les testait en ayant des rapports sexuels avec elles, les prenait en photo pour les annonces, les surveillait lors des passes, collectait l'argent etc. Il a fait une quinzaine de victimes, dont douze mineures, selon le procureur. 

Le tribunal rendra son jugement mardi. 

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