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Jugés pour proxénétisme, de jeunes hommes décrivent l'organisation d'un réseau

Jugés pour proxénétisme, de jeunes hommes décrivent l'organisation d'un réseau
Jugés pour proxénétisme, de jeunes hommes décrivent l'organisation d'un réseau

AFP, publié le mardi 26 juin 2018 à 18h40

Douze hommes jugés à Paris pour avoir prostitué en Ile-de-France seize jeunes filles, dont des mineures, ont décrit mardi, au deuxième jour de leur procès, le fonctionnement de ce réseau où chacun avait son rôle, tout en tentant de minimiser leur action.  

"Comment étaient décidés les tarifs?", interroge la présidente. "C'est un business, on connaît les tarifs", explique à la barre Jonathan Makunza, surnommé "Denzel". Et de poursuivre: "Si un iPhone est en vente à 500 euros sur Le Bon Coin, ça ne sert à rien de le mettre plus cher". "Jolie comparaison", répond, grave, la présidente.

Douze hommes, pour la plupart âgés de 22 et 23 ans, sont jugés jusqu'au 3 juillet pour avoir prostitué de jeunes filles, dont des mineures de 14 ans, en 2015 et 2016.

Jonathan Makunza reconnaît avoir pris des photos de deux filles en sous-vêtements et écrit les textes d'annonces. "De la pure poésie sur des filles soi-disant avides de sexe", décrit la présidente.  

Il y a aussi "l'informaticien", Jean-Yves Pouaboud, qui était payé 50 euros par annonce mise sur internet. Il reconnaît avoir posté des annonces pour une quinzaine de filles. 

Il a également, comme d'autres prévenus, cherché des appartements pour les prostituées et leurs clients. Plusieurs ont reconnu avoir fait des "surveillances": ils se cachaient parfois dans le salon ou mêmes dans les toilettes pendant les passes, pour protéger les filles ou récupérer l'argent au plus vite, selon les versions. 

Andy Dallo dit avoir "touché entre 100 et 200 euros pour 2 ou 3 surveillances". Il a aussi parfois acheté de la nourriture pour les filles et prêté son nom pour des réservations d'hôtels.  

Rabby Kinkela reconnaît lui avoir acheté des puces de téléphone pour les filles et en avoir amené à l'hôtel. Il espérait gagner de l'argent, mais n'aurait rien touché.    

Trois prévenus sont soupçonnés d'avoir été les responsables de ce réseau. Le chiffre d'affaires pour une semaine dans un appartement avec quatre filles s'élevait à 7.000 euros, a déclaré l'un d'eux, Stéphane Kessie, lundi. "Vous parlez comme un chef d'entreprise", lui a dit la présidente.

La plupart des prévenus ont affirmé avoir seulement "voulu rendre service" à un ami ou un cousin, en contribuant à ce réseau. Mais à la question de la présidente, "reconnaissez-vous avoir fait du proxénétisme?", beaucoup ont été obligés de répondre: "oui".

Ils encourent dix ans de prison. 

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