Jean-Marc Rouillan fixé le 14 décembre sur un éventuel retour en prison

Chargement en cours
Jean-Marc Rouillan à Paris le 17 septembre 2018
Jean-Marc Rouillan à Paris le 17 septembre 2018
1/2
© AFP, JOEL SAGET

, publié le mercredi 25 novembre 2020 à 23h35

Le tribunal d'application des peines de Paris doit se prononcer le 14 décembre sur le cas de Jean-Marc Rouillan, cofondateur du groupe armé d'extrême gauche Action directe, dont le parquet antiterroriste réclame l'incarcération pour un possible manquement à sa détention à domicile, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

"C'est un acharnement du Pnat qui confine au ridicule", avait cinglé mardi son avocat Jean-Louis Chalanset, évoquant "deux manquements ridicules: la première fois, le bracelet électronique était abîmé, il ne s'en est pas rendu compte. La deuxième, il a huit témoins qui ont vu le bracelet tomber".

Lors de l'audience, à laquelle M. Rouillan a comparu en visioconférence depuis l'Occitanie, "le parquet ne s'est finalement fondé que sur le premier incident du mois d'août", a rapporté mercredi soir Me Chalanset.

"Pourquoi quelqu'un qui a fait 24 ans de prison aurait volontairement abîmé son bracelet pour une peine de quelques mois. Une heure après l'incident, les forces de l'ordre étaient là et constataient qu'il prenait son petit déjeuner", a ironisé l'avocat qui précise que cette détention à domicile sous bracelet doit prendre fin le 11 janvier.

M. Rouillan purge depuis juillet une peine de dix-huit mois de prison dont huit fermes pour "apologie du terrorisme".

Le 23 février 2016, lors de l'enregistrement d'une émission de radio, il avait déclaré: "Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait", au sujet des jihadistes qui avaient frappé la France en 2015.

"Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris" alors qu'ils "savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait-il lancé, tout en se disant hostile à l'idéologie "réactionnaire" des jihadistes.

Dans ce dossier, il avait été condamné en mai 2017 en appel, une condamnation devenue définitive en novembre 2018 après le rejet d'un pourvoi en cassation.

Le 17 novembre, un collectif intitulé "Ne laissons pas faire" avait reproché à l'Etat de vouloir "remettre Jean-Marc Rouillan en prison".

Arrêté en 1987, Jean-Marc Rouillan, condamné deux fois à perpétuité pour les assassinats de l'ingénieur de l'armement René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986, a passé vingt-quatre ans en prison, dont plus de sept à l'isolement, avant d'obtenir une libération conditionnelle en 2012.

Jean-Marc Rouillan fut le dernier membre du noyau dur d'Action directe à recouvrer la liberté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.