Jacques Rançon, le «tueur de la gare de Perpignan», condamné à la perpétuité

Jacques Rançon, le «tueur de la gare de Perpignan», condamné à la perpétuité

Jacques Rançon a été condamné ce lundi à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.

leparisien.fr, publié le lundi 26 mars 2018 à 19h15

Jacques Rançon était jugé pour avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, en 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, en 1998. Vingt ans après ses crimes, il écope de la peine maximale.

Il n'a pas bronché, la tête baissée, quittant le box vers la prison. Ce verdict le condamnant à la peine maximum -la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté-, Jacques Rançon s'y attendait. Comme la plupart des acteurs de ce procès cathartique venu vingt ans après le traumatisme de l'affaire du « tueur de la gare de Perpignan ».

Cette peine, l'avocat général, suivi en ses réquisitions, l'avait réclamée. Les familles des victimes, dont les mots de colère et de haine ont bouleversé la cour, l'espéraient. Lui-même reconnaissait les faits : les viols et les meurtres de Mokhtaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, aux corps atrocement mutilés. Les tentatives de meurtre et de viol de Sabrina et Nadia*, rescapées à jamais marquées. « De toute façon je ne peux pas me défendre, je suis coupable », avait avancé Jacques Rançon, déjà las, au quatrième jour des débats.

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À plusieurs reprises durant les douze jours d'audience, Jacques Rançon a demandé pardon. Il l'a aussi fait dans ses derniers mots à la cour. À sa façon, maladroite et mécanique : « Marie-Hélène et Mokhtaria n'auraient jamais dû mourir, je suis désolé, je demande pardon », a-t-il énoncé d'une traite.

Dans une salle comble et tendue, ses avocats, Mes Gérald Brivet-Galaup et Xavier Capelet, venaient d'enjoindre les jurés à le juger « comme un homme ». « Ce n'est pas un monstre que vous allez juger », a martelé le premier, attaché à souligner l'hypothèse « d'un trouble moral, d'une personnalité construite sur des bases étranges et un chaos psychotique ».

Plaidant en dernier, Me Capelet a lui insisté sur les failles d'un parcours criminel que rien n'est venu contrer. Il rappelle cette enfance miséreuse dans la Somme, où le petit Rançon est le seul d'une vaste fratrie à échapper au placement. Cette première agression d'une fille, à l'âge de 16 ans, pas réprimée. Ces experts psychiatres qui, en 1992, alors qu'il commet son premier viol, l'estiment « pas dangereux ». Il déplore que l'étiquette « trop facile » de « pervers sadique » écarte les questions sur le suivi « de ce type de délinquants ».

«Je repars plus léger»Jacques Rançon, selon sa défense qui avait demandé que la question de son état de conscience au moment des faits soit posée, « est incapable d'expliquer les raisons de son passage à l'acte ». Le président Régis Cayrol l'avait plusieurs fois déploré : « Monsieur Rançon, vous nous dîtes le comment, pas le pourquoi. Réfléchissez. »

L'accusé, accablé et de plus en plus muré, n'y est jamais parvenu. Sinon à parler de « pulsions » pour « faire l'amour ». Sinon à avancer, pour justifier de l'aspect le plus sordide de ses crimes, ces découpes infligées aux dépouilles, qu'il voulait « effacer les traces ». C'est à l'une d'elle, infime, laissée sur le dessus d'une chaussure, qu'il doit d'avoir été retrouvé et jugé.

Pour les parties civiles, le verdict clôt vingt ans d'incertitudes et d'attente. « Je repars libre et plus léger », a réagi le frère de Mokhtaria Chaïb à la sortie. L'avocat historique des familles des victimes, Me Etienne Nicolau, a énoncé cet espoir à leur égard : « Souhaitons que cette peine, qui n'effacera jamais leur malheur, puisse peut-être un peu les apaiser. »

* Le prénom a été changé.

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5 commentaires - Jacques Rançon, le «tueur de la gare de Perpignan», condamné à la perpétuité
  • La peine maximale de prison en France est la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans. Il est incompréhensible que ce ne soit pas cette peine là qui ait été prononcé, pourquoi 22 ans au lieu de 30 ???

  • le monstre est en cage,une bonne chose

  • C'est la peine de sureté de 22 ans qui me gêne après tout ces meurtres s'il se tiens tranquille il sera dehors dans une vingtaine d'année et il pourrai très bien recommencer !! .

  • Il a bien de la chance...avant 1981, date à laquelle la peine de mort a été abolie, sa tête aurait été livrée au bourreau...

  • je ne comprendrai jamais rien sans doute, mais la perpétuité c'est jusqu'au dernier souffle du condamné,alors que je lis avec peine de sûreté de 22 ans ?