Irak : Mélina Boughedir, la Française de Daech, passera au moins 20 ans en prison

Irak : Mélina Boughedir, la Française de Daech, passera au moins 20 ans en prison
ARCHIVE. Mélina Boughedir, le 19 février dernier, devant la Cour pénale centrale de Bagdad.

leparisien.fr, publié le dimanche 03 juin 2018 à 14h21

La jeune femme de 27 ans encourait la peine capitale. Ses avocats veulent faire appel.

La Française Mélina Boughedir, qui encourait la peine de mort pour son appartenance présumée à Daech, a été condamnée ce dimanche en Irak à la prison à perpétuité, avec une période de sûreté de 20 ans.

En février, la même Cour pénale centrale de Bagdad avait ordonné la libération et l'expulsion de la jeune femme de 27 ans. Les juges avaient estimé qu'elle n'avait à répondre que d' « entrée illégale » en Irak et avaient prononcé une peine de sept mois, alors déjà purgée.

Mais avant qu'elle ne puisse rentrer en France avec la dernière de ses quatre enfants encore en Irak, la Cour de cassation irakienne avait ordonné un nouveau procès, cette fois-ci en vertu de la loi antiterroriste. Selon ses avocats français, qui se trouvent aujourd'hui à Bagdad, l'avocat irakien de Mélina Boughedir « n'a pas pu prendre connaissance de son dossier ni la rencontrer en prison avant son procès ». « Je suis innocente », a-t-elle lancé au juge en français, tandis qu'un traducteur l'assistait. « Mon mari m'a dupée et ensuite il a menacé de partir avec les enfants », a-t-elle plaidé.

« Je suis contre les idées de l'Etat islamique », a-t-elle martelé, reportant la faute sur son mari, Maximilien Thibault. Alors qu'elle avait affirmé que son époux, qui n'avait été que cuisinier pour Daech, était vraisemblablement décédé, elle a ce dimanche assuré ne pas connaître son sort. Cet ancien membre de Forsane Alizza, n'a plus donné de nouvelle depuis le jour où il est parti « chercher de l'eau ».

Mi-avril, lors d'un procès éclair, une autre Française, partie avec son mari et ses enfants soutenir Daech en Syrie, a été condamnée à la prison à vie en Irak. Djamila Boutoutaou risquait elle aussi la peine capitale.

Notre envoyé spécial à Bagdad avait assisté au procès de Djamila Boutoutaou

Invité du Grand Rendez-vous sur Europe 1 et CNews alors que le verdict tombait, Christophe Castaner a estimé que la justice irakienne était « légitime à juger ». Refusant de dire si la peine était méritée, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, patron de la République en Marche, a précisé faire « confiance à la justice irakienne ».

« Excusez-moi de ne pas regarder avec des yeux attendris celles et ceux qui ont choisi de quitter la France pour s'engager dans des comportements terroristes et pour menacer la France », avait-il dit quelques minutes avant l'annonce de la condamnation de la Française. Car jeudi, Jean-Yves Le Drian avait provoqué la colère des avocats de l'accusée, en la décrivant comme une « terroriste de Daech qui a combattu contre l'Irak ».

« Angoissée et effondrée », selon son avocat William Bourdon, la Française va faire appel.

En France, Boughedir est visée par un mandat de recherche délivré dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris le 2 août 2016, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

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