Interpellation controversée en Seine-Saint-Denis: enquête confiée à l'IGPN

Interpellation controversée en Seine-Saint-Denis: enquête confiée à l'IGPN
Le logo de l'IGPN

AFP, publié le vendredi 13 septembre 2019 à 20h15

Une enquête judiciaire a été confiée à l'IGPN après la plainte d'un homme interpellé et frappé mercredi à Sevran (Seine-Saint-Denis) par un fonctionnaire dont la Préfecture de police de Paris a réclamé la suspension, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Bobigny.

Médiateur dans cette commune défavorisée, l'homme a déposé plainte jeudi au commissariat de Saint-Denis. Le parquet a ouvert vendredi une enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique".  

Jeudi, la Préfecture de police de Paris avait indiqué avoir "ordonné la suspension immédiate du fonctionnaire de police", suscitant la colère de ses collègues du commissariat d'Aulnay-sous-Bois.

"La suspension c'est l'autorité d'emploi, en l'occurrence le préfet de police, qui la demande au directeur général de la police nationale (DGPN)", a rappelé vendredi soir sur Europe 1 le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez. "Mais là, la question ne se posait pas puisque ce fonctionnaire suite à cet incident est en arrêt maladie. Il n'y a pas d'intérêt à le suspendre", a-t-il ajouté, précisant que "la suspension est une mesure conservatoire le temps de l'enquête, ce n'est pas une sanction. Il n'y a que l'enquête qui permettra de savoir s'il y a eu un geste fautif ou pas".

"Nous avons fait valoir auprès du préfet que le collègue ne peut être suspendu pour l'instant car il est en arrêt après avoir été blessé. Nous avons demandé une accélération de l'enquête et n'avons aucun doute sur le fait que cela aboutira à montrer qu'il ne doit pas être suspendu", a déclaré à l'AFP Frédéric Lagache, du syndicat Alliance.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un échange verbal entre un policier et un jeune homme noir, avant que le fonctionnaire ne se jette dans les jambes de l'individu pour le plaquer au sol. Repoussé, le policier revient à la charge à plusieurs reprises en assénant des coups de poing, auxquels l'homme répond également par des coups de poing dans une position de défense.

L'homme est ensuite interpellé, après l'intervention d'un policier qui fait usage d'un taser. 

Juste après les faits, l'homme a été transporté à l'hôpital "pour qu'on lui enlève un ardillon (sorte d'hameçon, ndlr) qu'il avait dans la fesse après le tir de Taser", a relaté à l'AFP une source policière. Sa garde à vue a été levée, et il a quitté l'hôpital vers 01H30.

Selon cette même source, ce sont des propos lancés par le médiateur qui auraient entraîné la bagarre et l'interpellation. Ce dernier aurait lancé à un homme qui s'adressait au policier : "Ne parle pas à cette salope".

Ibrahim, 16 ans, témoin de l'interpellation, a lui affirmé à l'AFP que le médiateur était descendu de sa voiture pour demander aux policiers d'avancer leur véhicule, qui bloquait la circulation. Il leur aurait dit: "Il y a des gens qui doivent aller au travail", et le policier aurait répliqué "C'est pas ta rue, je vais t'embarquer". Le ton serait ensuite monté.

Contacté par l'AFP, le frère du médiateur a indiqué que ni lui ni son frère ne souhaitaient s'exprimer dans les médias. 

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