Inde : une autre adolescente brûlée vive après avoir été violée

Inde : une autre adolescente brûlée vive après avoir été violée
Le suspect a été présenté au commissariat du village de Mufasil avant d'être placé en détention.

leparisien.fr, publié le lundi 07 mai 2018 à 14h25

Le drame s'est produit le même jour et dans la même région qu'une attaque du même type. La victime est dans le coma, un suspect a été arrêté.

Une jeune Indienne de 17 ans est entre la vie et la mort après avoir été violée, aspergée d'essence et brûlée vive. Le drame s'est produit vendredi dans l'Etat du Jharkhand, dans l'Est du pays.

« La fille souffre de brûlures au premier degré sur 70 % du corps », précise Shailendra Barnwal, un responsable policier du district de Pakur.

Les forces de l'ordre ont arrêté un jeune homme qui vit dans le même quartier que la victime. « Il a versé du kérosène sur la fille et l'a brûlée », indique le même responsable policier.

Cette attaque est survenue le même jour et dans la même région qu'une agression similaire, où une jeune fille de 16 ans est morte brûlée vive après avoir été violée, dans un village du district de Chatra.

La peine de mort rétablie pour les violeurs d'enfants

Dans cette première affaire, la police a placé la famille de la victime sous protection spéciale et a interpellé dimanche le principal suspect et le chef du village.

Enlevée de chez elle jeudi, alors que sa famille assistait à un mariage, la jeune fille avait été violée dans une forêt. Le conseil des anciens du village, alerté par ses proches, avait ordonné à deux accusés d'effectuer cent abdominaux et de verser une amende de 50.000 roupies (750 dollars).

Furieux devant cette sentence, les suspects auraient alors roué de coups les parents de la victime et incendié leur maison avec cette dernière à l'intérieur.

Une veillée à la suite d'une série de viols d'enfants ou adolescentes (Reuters/Amit Dave).

Ces drames interviennent alors que la législation contre les agression sexuelles ne cesse d'être durcie, depuis un viol collectif à New Delhi en 2012 qui avait choqué la planète. Récemment, le gouvernement a ainsi instauré la peine de mort pour les violeurs d'enfants de moins de 12 ans.

Cette décision faisait suite au viol en réunion et au meurtre d'une fillette musulmane de 8 ans à Kathua, dans l'État du Jammu-et-Cachemire.

D'après les conclusions de l'enquête, des villageois de la majorité hindoue ont violé et tué la fillette pour terroriser sa communauté musulmane nomade et les inciter à quitter la zone.

L'interpellation de huit suspects a déclenché des manifestations d'hindous dénonçant l'enquête de police comme biaisée. La Cour suprême, plus haute instance judiciaire en Inde, a placé sous protection policière la famille de la victime et son avocate, qui dit avoir reçu des menaces de mort.

Dans une nouvelle décision lundi, la Cour a ordonné le dépaysement du procès de Kathua à Pathankot, ville voisine mais administrativement située dans un autre État.

En 2016, quelque 40.000 viols ont été signalés en Inde, mais leur nombre serait bien plus élevé en raison du silence entourant ces crimes dans une société qui reste très patriarcale.

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