Inde : le diplomate français acquitté pour viol pourrait être rejugé

Inde : le diplomate français acquitté pour viol pourrait être rejugé
Pascal Mazurier, au centre, lors d'une conférence de presse en juin 2015 à Bangalore (Inde).

leparisien.fr, publié le lundi 18 juin 2018 à 20h23

Accusé du viol de sa fille de 3 ans par son ancienne épouse, Pascal Mazurier a été acquitté l'an dernier. Son ex-femme a finalement fait appel. Ses avocats dénoncent une «manœuvre dilatoire».

Il pensait en avoir fini avec cette douloureuse histoire. Et espérait pouvoir enfin renouer le fil d'une vie familiale bouleversée. Las. Pascal Mazurier, ce diplomate français en poste en Inde, acquitté en 2017 des accusations de viol sur sa fille portées contre lui par son ancienne épouse, pourrait être rejugé suite à l'appel déposé par son ex-femme.

« La procédure peut encore durer de nombreuses années. C'est de l'acharnement judiciaire », considèrent Mes Clémence Witt et Pierre-Olivier Sur, les avocats du diplomate, qui comptent sur la visite de la ministre indienne des affaires étrangères à Paris ce lundi pour obtenir un examen rapide du dossier.

Le 19 avril 2017, le tribunal de Bangalore avait acquitté Pascal Mazurier au terme d'une procédure qui dure depuis juin 2012 et la plainte de son ex-épouse, Suja Jones. A l'époque, cette dernière accuse son mari d'avoir violé leur 3e enfant, âgée de 3 ans. Elle se rend à l'hôpital avec la fillette pour faire constater ses soupçons. Le rapport médical note la présence de sperme et indique que l'examen est compatible avec un viol. Le diplomate, qui conteste vigoureusement les faits, est incarcéré. Il passera quatre mois en détention provisoire.

Mais, dès juillet 2012, les expertises révèlent que le sperme n'est pas celui du père. En janvier 2013, le rapport final de la police indienne ajoute même que les échantillons ne contiennent pas l'ADN de la fillette. Ses avocats dénoncent une odieuse mise en scène.

«Il est temps que cette affaire soit définitivement clôturée»

A l'issue du procès, qui a duré plusieurs années, Pascal Mazurier est finalement lavé de tout soupçon. Dans son jugement, le tribunal accrédite d'ailleurs l'hypothèse de la manipulation. « Dans ce cas, le comportement de la plaignante indique que son intention n'était pas de prendre soin de l'enfant ou de son mari, mais de relier l'accusé avec le crime en allant jusqu'à utiliser l'enfant comme une arme », peut-on ainsi lire.

A l'énoncé du verdict, Suja Jones avait dénoncé un « déni de justice » et annoncé son intention de faire appel. Ce qu'elle avait effectivement fait en juin 2017. « Sa requête avait été écartée par la Haute Cour au motif elle était incomplète. Or nous venons d'apprendre qu'elle l'avait finalement transmise dans son intégralité et que le dossier allait donc être réexaminé », développe Me Witt qui parle d'une « manœuvre dilatoire ».

Depuis le dépôt de plainte il y a six ans, Pascal Mazurier n'a toujours pas revu sa fille. Il rencontre en revanche ses deux fils deux fois par mois. « Il est temps que cette affaire soit définitivement clôturée, insistent ses avocats. Moralement, c'est insupportable pour notre client. »

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