Incendie de l'hôtel des impôts de Morlaix: prison avec sursis requise

Incendie de l'hôtel des impôts de Morlaix: prison avec sursis requise
L'intérieur du centre des impôts de Morlaix le 20 septembre 2014, après l'incendie

AFP, publié le jeudi 19 avril 2018 à 21h08

Le procureur de la république de Brest a requis jeudi des peines de prison avec sursis contre quatre prévenus poursuivis pour leur participation présumée à l'incendie de l'hôtel des impôts de Morlaix en 2014 lors d'une manifestation agricole, a constaté un correspondant de l'AFP.

Jean-Philippe Recappé a requis un an de prison avec sursis contre un militant Bonnet rouge et un agriculteur, et des peines de 6 à 8 mois avec sursis contre deux autres agriculteurs.

Le jugement a été mis en délibéré au 14 juin.

Les prévenus étaient également poursuivis pour obstruction à l'intervention des secours.

"Je ne suis pas là pour stigmatiser, je cherche ni bouc émissaire ni lampistes", a déclaré le procureur dans son réquisitoire.

Dans la soirée du 19 septembre 2014, environ 300 producteurs de légumes du nord-Finistère s'étaient donnés rendez-vous à Morlaix, avec des tracteurs chargés de pneus et de détritus divers. A l'époque victimes de l'embargo russe, les agriculteurs protestaient contre la baisse des cours et les taxes.

Dans un contexte très tendu, le rassemblement avait vite dégénéré. Les locaux de la Mutualité sociale (MSA), à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix, étaient incendiés. Plus tard, le hall et une partie de l'hôtel des impôts de Morlaix brûlaient.

Lors des débats, les prévenus, qui n'étaient poursuivis que pour l'incendie du bâtiment des impôts ont admis leur présence à la manifestation mais nié les faits qui leur sont reprochés.

"Il y avait des gens à bout, des gens en colère, mais mes clients n'ont jamais cautionné les incendies", a plaidé Me Jaime Rates, avocat des trois agriculteurs, affirmant qu'il y avait ni "élément factuel, ni élément à charge" pour les incriminer.

Le militant Bonnet rouge a nié avoir demandé aux pompiers de ne pas intervenir. Quant à l'agriculteur soupçonné d'avoir défoncé l'entrée du bâtiment, il a affirmé qu'il n'était pas au volant de son tracteur.

L'avocat du Bonnet rouge Me David Rajjou, a dénoncé "l'acharnement" dont aurait été victime son client.

L'agent judiciaire de l'Etat a réclamé le paiement solidaire de 336.000 euros en réparation du préjudice subi.

Deux syndicats des impôts s'étaient portés partie civile pour "le préjudice moral subi par les agents de Morlaix".

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