Importation d'EPO: peine d'un an avec sursis confirmée contre le mari de Jeannie Longo

Importation d'EPO: peine d'un an avec sursis confirmée contre le mari de Jeannie Longo
Patrice Ciprelli et Jeannie Longo, le 27 octobre 2011 à Grenoble

AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 16h33

La cour d'appel de Grenoble a confirmé mercredi la condamnation à un an de prison avec sursis de Patrice Ciprelli, mari et entraîneur de la légende du cyclisme Jeannie Longo, accusé d'importation frauduleuse d'EPO.

La cour a suivi les réquisitions de l'avocate générale Gisèle Auguste qui avait réclamé, le 23 mai à l'audience, la confirmation de la peine prononcée le 9 mars par le tribunal correctionnel de Grenoble, assortie en outre d'une amende douanière de 5.800 euros.

Patrice Ciprelli, 64 ans, est condamné pour avoir acheté à l'étranger 33 boîtes ou flacons d'érythropoïétine (EPO), un produit dopant, pour un montant de 3.110 dollars (2.920 euros) entre 2008 et 2011. 

A la sortie du délibéré mercredi, Jeannie Longo, les larmes aux yeux, a dénoncé "un complot", ayant pour but, selon elle, de l'empêcher d'aller concourir lors des Jeux olympiques de Londres en 2012 où elle ambitionnait de finir sa carrière. L'affaire avait éclaté en septembre 2011 après un article dans le quotidien sportif l'Equipe.

"Je suis triste pour mon mari, qui trinque. On s'est servi de lui (...) Ma seule faute est d'avoir été une athlète hors-normes", a-t-elle ajouté, déplorant un lynchage médiatique.

Patrice Ciprelli, dont le conseil avait demandé la relaxe, a pour sa part refusé de s'exprimer.

La cour d'appel a en revanche, déclaré irrecevable la constitution de partie civile de la Fédération française de cyclisme (FFC), jusque-là partie au procès. 

Le 23 mai, l'audience avait permis d'évoquer le "contexte particulier" du cyclisme de haut niveau et les soupçons de dopage entachant ce sport, comme l'avait rappelé la présidente du tribunal. Mais rien n'avait cependant permis d'établir à qui avaient servi les flacons d'EPO. 

L'expert en pharmacologie avait juste souligné que les quantités pouvaient "peu vraisemblablement" convenir à un usage thérapeutique individuel.

"Ce n'est pas un citoyen lambda à qui on reproche d'avoir commandé des produits bizarroïdes mais à un entraîneur", avait cependant lancé l'avocate générale, pour qui "le faisceau d'indices" était réel et l'infraction constituée. 

Le nouvel avocat de M. Ciprelli, le ténor lyonnais Me André Soulier, avait dénoncé quant à lui une "affaire orientée dès le début" et laissant apparaître un "océan d'incertitudes".

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