Hong Kong: une mère réclame l'extradition à Taïwan du meurtrier de sa fille

Hong Kong: une mère réclame l'extradition à Taïwan du meurtrier de sa fille
La mère de Poon Hiu-wing, une jeune femme assassinée par son petit ami lors d'une visite à Taïwan en 2018, après une conférence de presse à Hong Kong le 20 octobre 2021

publié le mercredi 20 octobre 2021 à 08h42

La mère d'une Hongkongaise assassinée par son petit-ami a fustigé mercredi les autorités pour avoir laissé l'assassin de sa fille vivre libre, une affaire qui s'envenime car Hong Kong ne reconnaît pas Taïwan. 

Poon Hiu-wing, 19 ans, était enceinte lorsqu'elle a été étranglée par son petit ami Chan Tong-kai, 22 ans, lors d'un voyage des deux Hongkongais à Taïwan pour la Saint-Valentin en 2018. 

Le meurtre, que Chan Tong-kai a reconnu, a déclenché une réaction en chaîne qui a conduit à d'énormes manifestations pour la démocratie l'année suivante et a été une source d'embarras pour le gouvernement de Hong Kong. 

La mère de Poon, qui n'a jamais révélé son nom, a tenu une conférence de presse émouvante devant le siège du gouvernement mercredi, appelant les autorités à extrader Chan Tong-kai vers Taïwan, ou à le poursuivre localement pour meurtre.

"Le gouvernement de Hong Kong estime que ce criminel, qui peut tuer à nouveau à tout moment, est apte à se promener dans les rues et à menacer la vie des gens", a-t-elle déclaré aux journalistes. 

Le jeune homme n'a "jamais été confronté aux conséquences d'un meurtre", a-t-elle ajouté, alors qu'il a été révélé au début du mois qu'il avait quitté la protection de la police et était libre de mener une vie normale.

Les procureurs de Hong Kong ont déclaré qu'ils n'étaient pas compétents pour le juger pour meurtre  parce que le crime avait été commis hors du territoire. Ils ont également refusé de l'envoyer à Taïwan, car le gouvernement chinois ne reconnaît pas le gouvernement de l'île.

Après le meurtre de Poon Hiu-wing, Hong Kong a tenté de faire adopter une nouvelle loi qui autoriserait les extraditions vers Taïwan et la Chine continentale. Mais cela a suscité des protestations de la part de nombreux Hongkongais qui craignaient des disparitions dans les tribunaux opaques de la Chine continentale. 

Ces rassemblements se sont rapidement transformés en d'énormes manifestations pro-démocratie, souvent violentes, qui ont secoué la ville pendant sept mois consécutifs en 2019. 

Chan Tong-kai a purgé une courte peine de prison à Hong Kong pour blanchiment d'argent parce qu'il était en possession de la carte de crédit de Poon Hiu-wing à son retour de Taïwan.  

C'est au cours de cette procédure qu'il a admis l'avoir tuée.  

Chan a précédemment déclaré, par le biais d'un intermédiaire, qu'il était prêt à faire face à la justice à Taïwan. Mais aucune mesure n'a été prise par lui ou par les autorités de Hong Kong pour que cela se produise. 

Hong Kong et Taïwan se rejettent mutuellement la responsabilité de cette impasse.  

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