Homophobie : seule une victime LGBT sur dix dépose plainte

Homophobie : seule une victime LGBT sur dix dépose plainte
En 2017, 1000 personnes de la communauté LGBT ont porté plainte. (Illustration)

leparisien.fr, publié le mercredi 16 mai 2018 à 16h04

Avec sa plateforme de dénonciation en ligne et un meilleur accueil des victimes, le ministère de l'Intérieur espère inverser la tendance.

Le nombre d'actes homophobes a augmenté, en 2017, de 4,8 % par rapport à 2016, selon le rapport annuel de SOS Homophobie. 1 575 témoignages ont été recueillis par l'association. À l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, célébrée jeudi, l'adjoint du conseiller judiciaire adjoint au cabinet du directeur général de la Police nationale, Clément Vives, fait le point sur les objectifs du gouvernement sur cette question pour tenter de libérer la parole des victimes.

Quel est le constat du ministère de l'Intérieur sur les faits dont sont victimes les membres de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) ?

CLÉMENT VIVES. Statistiquement, ce sont des faits qui sont peu élevés mais la Police nationale s'engage pour mieux les prendre en compte. Selon Inter-stats, en 2017 seulement, 1 000 personnes de la communauté LGBT ont déposé plainte. Pour 30 % il s'agit d'injures, à 20 % de menaces, 17 % sont des faits de violences et pour le reste, ce sont des faits de harcèlement, discrimination, vol, etc. La problématique des victimes LGBT s'inscrit dans le contexte global des violences sexuelles et sexistes pour lesquelles seule une personne sur dix dépose plainte. L'idée pour l'avenir est d'inverser la tendance.

Comment les membres de cette communauté peuvent-ils sortir de l'ombre et s'affirmer comme des victimes ordinaires ?

Nous avons bien conscience que ces personnes ont des difficultés à franchir la porte d'un commissariat ou d'une brigade de gendarmerie pour déposer une plainte. Nous disposons d'un outil de signalement numérique qui s'appelle Pharos (plateforme d'harmonisation d'analyse de recoupement et d'orientation des signalements). Ce service de la police judiciaire permet aux internautes de signaler des escroqueries, des faits de pédophilie ou de propagande terroriste. Mais elle est aussi dotée d'un service dédié aux discriminations. Cette année, des citoyens ou des associations y ont dénoncé 600 signalements de faits d'homophobies ou de discrimination. Un groupe d'enquêteurs y a même été mis en place pour mener des enquêtes judiciaires spécifiques sur ces faits.

Que faites-vous pour améliorer l'accueil des personnes LGBT dans les commissariats ?

Nous faisons un effort pour la formation des fonctionnaires qui assurent l'accueil dans les commissariats. Il s'agit de sensibiliser l'ensemble de policiers sur cette thématique avec le concours d'un psychologue et d'intervenants de l'association FLAG qui regroupe les policiers et gendarmes LGBT. Les formateurs y évoquent aussi le vocabulaire à employer et les bonnes pratiques à adopter lorsqu'une femme se présente à l'accueil avec sa carte d'identité indiquant qu'elle est un homme. La loi autorise désormais d'utiliser un prénom d'usage et d'utiliser une civilité d'usage, madame au lieu de monsieur par exemple. Et même depuis 2016 on peut changer d'état civil sans avoir subi une opération de changement de sexe. Les policiers doivent, par exemple, le prendre en compte pour les personnes transgenres lors de palpations de sécurité.

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