Heurts après la manif des fonctionnaires : 73 personnes déférées

Heurts après la manif des fonctionnaires : 73 personnes déférées
Paris, le 22 mai. Aux jets de projectiles et destructions, les forces de l'ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des lances à eau.
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leparisien.fr, publié le jeudi 24 mai 2018 à 11h49

Des violences avaient éclaté mardi à Paris en marge de la manifestation parisienne des fonctionnaires. Deux appels à mobilisation sont lancés ce jeudi pour soutenir les personnes interpellées.

A la suite des heurts qui ont émaillé mardi, à Paris, la manifestation des fonctionnaires, et des 128 gardes à vue décidées mardi, 73 personnes - dont 33 mineures - ont été déférées en vue de leur présentation ce jeudi devant un juge. Le parquet a également prolongé une cinquantaine de gardes à vue.

La manifestation - qui a rassemblé 16 400 personnes, selon le comptage commandé au cabinet Occurrence par un collectif de médias, dont Le Parisien - a été émaillée de brèves échauffourées. Le défilé avait commencé dans le calme mais des incidents ont éclaté dès que la police, jusque-là très discrète, a encadré le cortège : jet de projectiles sur les forces de l'ordre, destruction de mobilier urbain et de vitrines de magasins.

Vingt-trois personnes avaient été interpellées lors de ces heurts. En début de soirée, 102 autres personnes avaient été interpellées après avoir tenté d'occuper le lycée Arago (XIIe arrondissement) dans lequel elles avaient pénétré après la dispersion du cortège place de la Nation, selon la Préfecture de police (PP) et le parquet.

33 mineurs et 40 majeurs présentés à un juge

Parmi les 40 mineurs arrêtés, un jeune homme a été remis en liberté mercredi et un autre a reçu une convocation pour être jugé ultérieurement. 33 doivent être présentés ce jeudi à un juge pour enfant qui décidera d'éventuelles poursuites à leur encontre, pour intrusion dans l'établissement scolaire. Cinq étaient toujours en garde à vue jeudi matin, qui a été prolongée.

« Les interminables gardes à vue de lycéens sont un message clair. A présent, les inculpations », a réagi dans la matinée Jean-Luc Mélenchon. Pour le leader et député de la France insoumise, « Macron est aussi en guerre contre la jeunesse. Son rêve : un monde doux aux riches, un peuple et des jeunes soumis à ses ordres ».

De même, le patron des Verts David Cormand a estimé que « l'acharnement du gouvernement contre la jeunesse, en l'occurrence les lycéens, monte d'un cran », et jugé que la réponse à l'action du lycée Arago mardi était « disproportionnée ».

Sur les 88 majeurs interpellés, âgés pour la plupart de moins de 30 ans, 40 ont été déférés mercredi soir en vue d'une présentation devant le parquet et 43 ont vu leur garde à vue prolongée. Quatre ont été remis en liberté et un dernier fait l'objet d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une mesure alternative au procès.

Deux manifestations de soutien à ces interpellés étaient prévues ce matin, l'une à partir de 10 heures devant le nouveau palais de justice de Paris pour soutenir les personnes qui, croyaient les organisateurs, allaient être jugées en comparution immédiate, l'autre pour les lycéens « détenus abusivement », place la Nation, à partir de 11 heures. Décision a été prise à ce dernier rassemblement de rejoindre le palais de justice pour soutenir les mineurs en garde à vue depuis mardi.

Mardi, les fonctionnaires manifestaient pour défendre leur statut et s'opposer à la réforme lancée par le gouvernement. Il s'agissait de leur troisième journée de mobilisation depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

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