Hérault: un ex-militaire jugé pour une équipée meurtrière au mobile flou

Hérault: un ex-militaire jugé pour une équipée meurtrière au mobile flou
Des gendarmes sont postés à proximité de la maison de retraite des missions africaines à Montferrier-sur-Lez le 25 novembre 2016

AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 18h11

Son équipée meurtrière visant en pleine nuit une maison de retraite pour religieux avait fait craindre un attentat: un ex-militaire est jugé devant les assises à Montpellier pour avoir tué en 2016 une employée de l'établissement, dans lequel il s'était introduit pour des motifs encore flous.

Éric Boucher, demandeur d'emploi en surendettement, avait été arrêté le lendemain des faits, le 25 novembre 2016. Âgé de 50 ans, il est accusé de "meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime, vol avec arme, vol aggravé par deux circonstances" dans la maison de retraite des missions africaines gérée par l'association "Les chênes verts" à Montferrier-sur-Lez, où il avait travaillé en 2002-2003.

"Il s'agit d'un cambriolage qui a mal tourné", a assuré à l'AFP son avocat David Mendel. L'ex-parachutiste "reconnaît et endosse les faits depuis le premier jour. Il ne s'agissait pas d'une attaque dirigée contre les religieux, ni d'une vengeance".

"Tout ce qui s'est passé, je serais incapable de l'expliquer", a déclaré à l'ouverture de son procès l'accusé, qui a parlé d'une "opération commando incompréhensible". "Je sais que j'ai enlevé une vie... J'ai du mal à vivre, je me déteste", a poursuivi ce père de deux enfants. 

Selon l'enquête, son "mobile demeure ambigu. Il a toujours affirmé qu'il s'était introduit dans la maison de retraite afin de commettre un simple cambriolage. Cependant, le matériel dont il disposait semble disproportionné voire peu adapté pour un cambriolage": l'homme transportait notamment de nombreuses répliques d'armes à feu de type "Airsoft", qui projettent des billes de plastique, des armes blanches, et des colliers de serrage en plastique par dizaines. 

Le 24 novembre 2016, la gendarmerie avait été appelée à 21H45, par une employée affirmant avoir été agressée sur son lieu de travail par un homme cagoulé et armé. Elle assurait que son agresseur lui aurait fait part de son intention de "tuer les pères". 

A leur arrivée sur place, les gendarmes avaient découvert, dans la buanderie, le corps sans vie d'une autre employée, bâillonnée et les pieds maintenus par du ruban adhésif gris, baignant dans une mare de sang. 

Un véhicule ultérieurement identifié comme étant la propriété d'Éric Boucher et une carte d'identité à son nom avaient été trouvées à proximité. 

L'expertise toxicologique a confirmé qu'au moment des faits l'accusé était sous l'influence du cannabis. De son côté, l'examen psychologique a révélé une personnalité "affectivement carencée, en manque d'ancrage, et relationnellement peu adaptée". 

Le verdict est attendu mercredi 18 septembre. L'accusé est passible de réclusion criminelle à perpétuité. 

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