Haute-Saône: un homme jugé pour le meurtre de sa femme, dissimulé pendant près d'un an

Haute-Saône: un homme jugé pour le meurtre de sa femme, dissimulé pendant près d'un an
Le procès d'un chauffeur routier de 56 ans, Eric Desnoue, s'est ouvert à Vesoul: pendant près d'un an, il avait dissimulé le meurtre de sa femme et avait refait sa vie

AFP, publié le jeudi 26 avril 2018 à 16h28

Le procès d'un chauffeur routier de 56 ans, Eric Desnoue, s'est ouvert jeudi à Vesoul: pendant près d'un an, il avait dissimulé le meurtre de sa femme et avait refait sa vie, avant d'être confondu par les gendarmes.

Jugé jusqu'à vendredi pour "meurtre sur conjoint" par la cour d'assises de Haute-Saône et du Territoire de Belfort, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"C'est moi qui ai donné la mort à ma femme, mais c'était tout à fait involontaire", a déclaré l'homme, posé, au crâne dégarni et au visage impassible, au début de l'audience.

Le 28 août 2013, M. Desnoue avait signalé la disparition de Françoise Saffer, 56 ans, à la gendarmerie, jouant les maris éplorés. Mais très vite, le chauffeur routier avait utilisé l'argent de son épouse et refait sa vie avec sa maîtresse, avec laquelle il pratiquait l'échangisme.

Après plusieurs mois d'investigations, les enquêteurs de la section de recherches de Besançon ont découvert au domicile du couple, grâce au révélateur Bluestar, d'importantes traces de sang lavées, appartenant à la victime.

Placé en garde à vue en juin 2014, M. Desnoue avait finalement reconnu être responsable du décès de son épouse et indiqué où retrouver ses ossements.

Il a expliqué avoir donné un coup d'épaule à sa femme qui était, selon-lui, tombée dans l'escalier, lors d'une dispute conjugale à leur domicile à Bourogne (Territoire de Belfort), dans la nuit du 27 au 28 août 2013.

Constatant sa mort, il avait placé le corps dans des sacs poubelle et l'avait déposé dans un bois, avant de rentrer nettoyer les traces de sang.

"Ils se disputent, elle tombe, elle meurt. Ensuite, il agit dans un état de panique et se débarrasse du corps", plaide l'avocat de l'accusé, Me Patrick Uzan.

L'état de décomposition du corps n'a pas permis de confirmer ou d'infirmer cette version des faits.

Me Randall Schwerdorffer et Julien Robin, avocats de la partie civile, doutent de la version de l'accusé. Le crâne de la victime est "sans stigmates", alors qu'elle serait tombée sur la tête dans l'escalier, ont-ils notamment souligné.

Quelques mois avant son décès, la victime avait subi une ablation de l'estomac. D'après les médecins, elle avait ingéré un produit de type "Destop".

Les analyses de l'ordinateur de M. Desnoue ont montré qu'il avait effectué des recherches sur internet sur les substances dangereuses et mortelles.

Les femmes restent en France les premières victimes des violences conjugales: selon le ministère de l'Intérieur, 123 ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en 2016, soit une tous les trois jours.

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