Harcèlement : enquête ouverte à Évreux après le suicide d'un militaire homosexuel

Harcèlement : enquête ouverte à Évreux après le suicide d'un militaire homosexuel

Un militaire français à Lorient, le 6 août 2016.

Orange avec AFP, publié le mercredi 29 novembre 2017 à 21h50

JUSTICE. Un militaire de 37 ans s'est donné la mort le 17 novembre dernier.

Il avait laissé une lettre où il affirmait que son supérieur hiérarchique voulait "le détruire".

Le parquet d'Évreux (Eure) a ouvert une enquête pour harcèlement après le suicide d'un militaire homosexuel, a-t-on appris mercredi 29 novembre auprès de la procureure de la République Dominique Puechmaille. "L'enquête a été déclenchée" le 17 novembre, jour du suicide, "à la suite de la découverte d'un courrier au domicile de la personne, évoquant des faits de harcèlement" et a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de l'air, selon la magistrate.

L'époux de la victime, Sylvain Dumont, est beaucoup plus affirmatif. Selon lui, le sergent, âgé de 37 ans, subissait des insultes à caractère homophobe (...) tous les jours à son travail". Il a assuré par ailleurs que son mari a écrit dans son courrier que son supérieur hiérarchique voulait "le détruire".

L'enquête porte également sur "une plainte pour agression sexuelle, déposée contre le militaire en amont de son suicide", a indiqué la magistrate. Selon M.Dumont, le sergent niait toute agression sexuelle et accusait "son harceleur" d'être à l'origine de cette procédure.

"Aucun scénario n'est privilégié à ce stade. C'est une enquête globale, longue et délicate", a expliqué Mme Puechmaille.

LE RESPONSABLE N'AVAIT PAS CONNAISSANCE DES "ALLÉGATIONS" DE HARCÈLEMENT

Le colonel David Desjardins, responsable de la base 105 d'Évreux où officiait le militaire, a fait savoir qu'il n'avait "pas connaissance de ces allégations (de harcèlement, NDLR) avant le décès de la victime". L'officier supérieur a déclaré avoir été informé qu'une "plainte avait été déposée contre le sergent", mais qu'il n'en connaissait "pas la teneur". "Aucun signe précurseur" n'était remonté jusqu'à lui, a-t-il précisé.

Le colonel, qui a indiqué que le sergent était en permission le jour de son suicide, a souligné les "excellents états de service" de la victime. "L'armée de l'air condamne toute forme de harcèlement et d'homophobie. Cela va à l'encontre des valeurs qui nous animent", a-t-il poursuivi, ajoutant vouloir "que justice soit faite dans cette affaire".

Selon Sylvain Dumont, les enquêteurs ont saisi le téléphone portable du militaire, ainsi que "deux ordinateurs et des notes manuscrites". Ce dernier a par ailleurs affirmé qu'il allait "porter plainte contre l'État". "Je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour rendre justice à Clément", a-t-il dit.

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9 commentaires - Harcèlement : enquête ouverte à Évreux après le suicide d'un militaire homosexuel
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    lebeniot  (privé) -

    Grade Sergent..Sachant que c'est le premier grade dans la hiérarchie (j'parle pas des MDR), ça fait du monde comme "supérieurs"..Et je n'ai pas compris dans l'article ( plainte CONTRE le sergent...?)...Encore une affaire bien glauque...Quant à l'homosexualité dans l'Armée, à ce que je sache les homos et lesbiennes de toutes catégories de grade ne rencontreraient pas de pb particuliers....L'Armée d'il y à 30 ans a évoluée avec son temps...Mais il restera toujours des irréductibles mais n'est ce pas également le cas dans la société civile...Le harcélement reste le même...

  • quand on parle son supérieur .. je pense qu'il s'agit de son supérieur direct et non du Colonel commandant la base.
    au 21ème siècle qu'elle honte, qu'un homme militaire ou non soit "harcelé" pour son homosexualité. nous ne sommes plus au moyen-âge. Les lois de la République s'appliquent et s'imposent à tous, y compris aux militaires.

  • Une solution radicale contre le "soit disant" harcèlement: regrouper tous les hommes de ce pays au nord de la Loire et toutes les femmes au sud et rétablir une ligne officielle de démarcation avec strict contrôle des transit, du style "ausweiss". Je plaisante bien sûr, mais ce sujet prend trop d'ampleur totalement injustifiée et empoisonne par média interposés la vie des Français et des Françaises. Trop, c'est trop, mais la question demeure: que veut-on nous cacher de beaucoup plus important au travers de cette mascarade ?

  • Les sanctions doivent être exemplaires ...
    L'Armée n'a pas besoin d'homophobes !
    Exigeons la mixité !...

    toutafait d'accord!

    avatar
    lebeniot  (privé) -

    C'est quoi votre mixité ???

    La mixité ?
    Autant de femmes que d'hommes !...

  • Quelqu'en soit le prétexte, le harcèlement est dégueulasse, il faut le dénoncer.