Grenoble: l'acharnement à faire vivre un bébé devant la justice

Grenoble: l'acharnement à faire vivre un bébé devant la justice

Deux médecins, un anesthésiste et un pédiatre, vont se relayer durant 15 minutes pour prodiguer un massage cardiaque au nourrisson, le relançant à la toute fin du temps maximum de réanimation recommandé

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 18h58

Y a-t-il eu "obstination déraisonnable" de la part de deux médecins à faire vivre un bébé ? La justice grenobloise a ordonné jeudi une expertise en ce sens dans un dossier portée par une mère dont l'enfant, âgé de 16 ans, est resté lourdement handicapé.

"C'est une décision intéressante en cette journée de lancement des États généraux de la bioéthique. On parle beaucoup de la fin de vie, mais où commence le droit à la vie, au début de la vie ?" a déclaré à l'AFP Me Hervé Gerbi, avocat de la plaignante.

En mars 2001, dans une clinique de Grenoble, une femme accouche au terme d'une grossesse bien suivie et sans complication, par césarienne. Mais le petit garçon est né sans vie, avec trois tours de cordon ombilical autour du cou. "Et sans activité électrique cardiaque", rappelle Me Gerbi. 

Deux médecins, un anesthésiste et un pédiatre, vont se relayer durant 15 minutes pour prodiguer un massage cardiaque au nourrisson, le relançant à la toute fin du temps maximum de réanimation recommandé.

L'enfant est handicapé physique et mental, en fauteuil et nécessitant une présence permanente. Sa mère, qui en assure seule la charge, a lancé une action en justice devant une juridiction civile en responsabilité médicale pour faire valoir la faute médicale et obtenir une indemnisation du préjudice.

Une première expertise, présentée en audience en novembre dernier, parlait de "ressuscitation", a souligné Me Gerbi.

L'avocat du pédiatre, Me Philippe Choulet, avait rappelé alors, selon le Dauphiné Libéré, que le handicap ne venait pas de la réanimation mais d'un manque d'oxygène "du à un arrêt cardiaque estimé à 30 minutes avant la naissance", dans une expertise postérieure, et dont ni le pédiatre ni l'anesthésiste "n'avaient connaissance quand ils ont effectué les manœuvres de réanimation".

Jeudi, les juges de la 6e chambre civile ont décidé de sursoir à statuer, dans l'attente de cette nouvelle expertise commandé à un expert de l'hôpital parisien Saint-Anne.

La question est de savoir "si les manœuvres aux fins de réanimation (...) étaient conformes aux données scientifiques et médicales au moment des faits ou constituaient une obstination déraisonnable, inutile ou disproportionnée".

"Les médecins sont condamnés à payer à la maman la somme de 4.000€ pour faire face à ses frais d'expertise", a ajouté Me Gerbi. Ce nouveau rapport doit être rendu "avant le 6 novembre".

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17 commentaires - Grenoble: l'acharnement à faire vivre un bébé devant la justice
  • quand on aime son enfant, handicapé où pas , on ne s'arrête pas à ça ....surtout après 16 ans sinon pour les gros sous .....

  • Tout le monde sait qu'un cerveau non oxygéné n'est plus fonctionnel au bout de quelques minutes, apparemment ces médecins ne le savaient pas ou peut-être ont-ils redouté qu'on les accuse de ne pas en avoir fait assez pour maintenir le bébé en vie.

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    Orphee  (privé) -

    On ne peut pas accabler les médecins qui ont fait ce qu'il fallait pour ramener un enfant à la vie maintenant si on leur a caché des choses que peuvent ils ?
    S'ils avaient laissé mourir cet enfant sans rien faire on n'aurait pas manqué de les accuser de laxisme alors il faut arrêter toutes ces histoires.

  • 45 minutes dans oxygénation du cerveau, ça ne pardonne pas.

    L'erreur a été de ne pas les informer du temps durant lequel le coeur du bébé avant le début de l'intervention. Pour leur part, ils ont respecté le temps de 15 minutes maxi et sauvé une vie, je ne vois pas ce qu'on peut leur reprocher.

  • ras le bol de ces procès à des pédiatres : vous ne reanimez pas vous etes attaqués:vous réanimez et l'enfant a des séquelles :on vous poursuit: c'est inssuportable:et pendant ce temps les experts et autres avocats se sucrent au passage!

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