Grèce: des sauveteurs espagnols et danois jugés à Lesbos pour trafic de migrants

Grèce: des sauveteurs espagnols et danois jugés à Lesbos pour trafic de migrants
Trois Espagnols et deux Danois comparaissent en procès le 7 mai 2018 à Lesbos en Grèce, accusés d'avoir contribué à l'entrée irrégulière de migrants

AFP, publié le lundi 07 mai 2018 à 13h58

Trois Espagnols et deux Danois ont commencé à comparaître en procès lundi à Lesbos, accusés d'avoir contribué à l'entrée irrégulière de migrants sur cette île de l'est de la mer Egée où ils participaient à des sauvetages en mer en 2016.

De nombreux sympathisants espagnols, grecs et d'autres pays d'Europe étaient présents au tribunal de Mytilène, chef-lieu de Lesbos, pour soutenir les prévenus, a constaté une correspondante de l'AFP. Ce procès est perçu comme symbolique pour l'assistance aux migrants et demandeurs d'asile.

Parmi les soutiens des Espagnols, des pompiers de Séville, figuraient des députés du parlement régional d'Andalousie, Rosa Aguilar, la responsable régionale de la Justice, et des représentants de la ville de Séville.

Les Espagnols doivent répondre de tentative d'aide à l'entrée de migrants irréguliers, tandis que leurs compagnons danois sont accusés de trafic de migrants, une charge passible de prison ferme. 

Tous participaient à l'époque de leur arrestation, en janvier 2016, à des sauvetages en mer des exilés affluant depuis les côtes turques proches, les Espagnols comme bénévoles de l'association Proem-AID, les Danois pour Team Humanity.

Des milliers de migrants et réfugiés, pour la plupart Syriens, risquaient alors leur vie pour gagner l'Europe via cette île. 

"Ce procès est important car l'assistance humanitaire ne peut pas et ne doit pas être criminalisée", a déclaré à l'AFP un des accusés danois, Salam Aldin. 

De nombreux pêcheurs du petit port de Sykaminia, parmi les principaux débarcadères migratoires à l'époque, étaient présents pour le soutenir et témoigner devant la presse de son travail de sauveteur. 

Les accusés "ne faisaient qu'aider à sauver des vies", alors qu'à l'époque, la garde-côtière grecque s'avouait elle-même débordée et que les noyades étaient fréquentes", a pour sa part déclaré l'un des avocats des Espagnols, Haris Petsikos. 

Les accusés espagnols avaient été reçus début avril par le ministre espagnol des Affaires étrangères Alfonso Dastis. Sur Twitter, le ministre avait ensuite souligné que le trio avait bien mené des tâches de "sauvetage et d'aide humanitaire".

Selon l'un des pompiers, Manuel Blanco, des garde-côte grecs les avaient arrêtés au retour en pleine nuit et dans le froid d'une mission de sauvetage qui avait tourné court, le navire recherché n'ayant pas pu être localisé. 

Plus d'un millier d'exilés, dont de nombreux enfants, se sont noyés en 2015 et 2016 dans l'étroit bras de mer séparant les côtes turques des îles égéennes, une route migratoire empruntée à l'époque par près d'un million de personnes. 

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