Fraude fiscale: âpre débat en ouverture du procès en appel des Wildenstein

Fraude fiscale: âpre débat en ouverture du procès en appel des Wildenstein

Guy Wildenstein arrive au palais de justice, vendredi 2 mars 2018

A lire aussi

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 11h25

Le procès en appel pour une fraude fiscale record des héritiers de la famille de marchands d'art Wildenstein, relaxés en 2017, a débuté vendredi par d'austères joutes juridiques.

Loin des Fragonard ou Caravage cachés, immeubles prestigieux ou ranch en Afrique sur fond de déchirements entre héritiers, la défense du patriarche franco-américain Guy Wildenstein, 72 ans, a d'emblée attaqué sur de subtiles questions de constitutionnalité, destinées à contester la tenue du procès.

Des requêtes auxquelles les représentants du fisc et de l'accusation se sont immédiatement opposés, comptant bien voir les débats se tenir et obtenir cette fois la sanction de ce que le parquet national financier (PNF) a qualifié de fraude fiscale "la plus longue et la plus sophistiquée" de l'histoire récente en France.

Dans l'étroite salle d'audience, tous les acteurs sont là: le patriarche Guy, son neveu Alec à l'élégance décontractée, sa belle-soeur Liouba Stoupakova, une des femmes de la famille par lesquelles les secrets fiscaux ont été mis au jour sur fond de querelles de succession, les conseillers suisses et anglo-saxon.

L'ambiance est détendue, les avocats nombreux. La défense promet des débats "très techniques" pour voir confirmer le jugement de première instance.

Après quatre semaines de procès, tout en relevant une "claire intention d'évasion patrimoniale et fiscale", le tribunal avait relaxé trois héritiers, leurs conseils et deux sociétés anglo-saxonnes de gestion d'actifs. 

Le fisc réclame toujours, dans un contentieux distinct, 550 millions d'euros aux Wildenstein, accusés d'avoir dissimulé à l'occasion de deux héritages en 2001 et 2008 des pans entiers de leur fortune. Un montant énorme, à la hauteur de la fraude, parfois assortie de blanchiment, reprochée au clan.

Guy et Alec n'avaient déclaré que 40,9 millions d'euros d'héritage en 2002 et payé - en bas-reliefs sculptés pour la reine Marie-Antoinette - des droits de succession de 17,7 millions d'euros.

La propriété des biens de la richissime famille se perd dans un entrelacs de holdings et de trusts, ces sociétés-écran enregistrées à Guernesey ou aux Bahamas. Le fruit de "trois générations" de dissimulation selon le tribunal, qui a toutefois estimé qu'il manquait "d'éléments légaux" pour la condamner.

Le procès se tiendra les mercredi et jeudi après-midi et le vendredi matin, jusqu'au 23 mars.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
5 commentaires - Fraude fiscale: âpre débat en ouverture du procès en appel des Wildenstein