Finistère : décès d'un ostréiculteur, des associations accusent les algues vertes

Finistère : décès d'un ostréiculteur, des associations accusent les algues vertes
Des algues vertes sur la plage de Plouha, le 6 mai 2011. (illustration)
A lire aussi

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 09 juillet 2019 à 13h34

Conséquence de la présence dans les cours d'eau de nutriments dont se nourrissent les algues, notamment d'azote et de nitrate, utilisé en agriculture, les algues se transforment en marées vertes grâce à des conditions météorologiques et topographiques favorables.

Les algues vertes sont-elles responsables du décès brutal d'un ostréiculteur de 18 ans, samedi dans la baie de Morlaix (Finistère) ? Alors des associations évoquent la piste d'une "intoxication à l'hydrogène sulfuré", le corps du jeune homme doit être autopsié afin de connaître la cause du décès, a-t-on appris lundi 8 juillet auprès du parquet de Brest.


"Nous avons prévu une autopsie pour savoir pourquoi ce jeune homme de 18 ans, censé être en pleine santé, est mort brutalement", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Brest Jean-Philippe Récappé. "Le corps a été conduit à l'hôpital et les examens vont être faits", a-t-il assuré.

Dans un courriel adressé lundi au procureur de Brest et dont l'AFP a reçu une copie, deux associations de protection de l'environnement évoquent "la piste d'une intoxication à l'hydrogène sulfuré", gaz toxique libéré par les algues vertes échouées en décomposition.

Disant s'être rendues sur les lieux de drame, elles assurent avoir "découvert un vaste espace vaseux recouvert par une nappe continue d'algues vertes"

"Comment ne pas mettre en relation cette poussée anormale d'algues en ces lieux avec la rivière du Frout qui se jette dans la baie dans laquelle nous avons mesuré un taux de 53 mg/l de nitrates", s'interrogent les associations Sauvegarde du Trégor et Halte aux marées vertes.


Conséquence de la présence dans les cours d'eau de nutriments dont se nourrissent les algues, notamment d'azote et de nitrate, utilisé en agriculture (engrais et déjections animales), les algues se transforment en marées vertes grâce à des conditions météorologiques et topographiques favorables. Ces algues libèrent en se décomposant du sulfure d'hydrogène (H2S), gaz potentiellement mortel."Cette année, les algues vertes sont arrivées avec six semaines d'avance et six plages sont fermées", relevait jeudi dernier André Ollivro, coprésident de l'association Halte aux marées vertes (HMV). La baie de Saint-Brieuc, vaste et peu profonde, concentrait mi-juin 70% des surfaces d'échouages du littoral breton, selon Sylvain Ballu, chercheur au Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva). 

"Depuis 10-15 ans", il y a une "très nette" baisse de la concentration en nitrates des cours d'eau, mais, soulignait Sylvain Ballu, "les nappes phréatiques mettent des années à se décharger des nitrates".

Un décès suspect en avril 2017


Pour éviter les accidents, des maires ont fermé leurs plages, comme à Hillion (Côtes d'Armor). "Pour les marées noires, les moyens techniques sont importants, mais quand il s'agit de marées vertes, on ramasse encore au tracteur comme nos grands-parents", dénonce le maire Mickaël Cosson, qui préconise un ramassage "en mer".

C'est à proximité d'une des plages d'Hillion qu'un joggeur avait été retrouvé mort en septembre 2016 dans une vasière. L'enquête avait été classée sans suite en avril 2017.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.