Fillettes retrouvées mortes dans une caserne : l'inquiétant profil de la mère

Fillettes retrouvées mortes dans une caserne : l'inquiétant profil de la mère
La piste d'un empoisonnement était étudiée dans l'enquête sur la mort de deux fillettes dans une caserne de la gendarmerie de Limonest, commune située près de Lyon (Rhône).

leparisien.fr, publié le mercredi 13 juin 2018 à 22h23

Déférée mercredi soir en vue d'une mise en examen, la mère des deux soeurs retrouvées mortes à Limonest (Rhône) est décrite comme « bipolaire ». Elle a livré des explications confuses devant les enquêteurs.

« Je ne crois pas à un accident. Je pense que Djamila est à l'origine de la mort des enfants. » Voilà ce qu'a déclaré, selon nos informations, le père des deux fillettes de 3 et 5 ans retrouvées mortes dimanche dans un logement de fonction de la caserne de Limonest (Rhône). Romain B., sous-officier de gendarmerie, a décrit sa compagne comme « bipolaire et dépressive » devant les enquêteurs.

C'est désormais la thèse de l'infanticide qui est privilégiée dans l'enquête sur la macabre découverte à la brigade de gendarmerie de Limonest. Mercredi soir, Djamila E., vendeuse de cosmétiques de 38 ans, a été présentée à un juge en vue d'une possible mise en examen pour « assassinats » après 48 heures de garde à vue. Le parquet de Lyon a requis son placement en détention provisoire.

« Lors de ses sept auditions, d'abord à l'unité psychiatrique où elle avait été admise, puis dans les locaux de la section de recherches de Lyon, la mère des enfants a livré des explications évolutives et contradictoires », confie une source proche de l'affaire. Les gendarmes pensent qu'elle a tué ses deux filles, en deux temps et par vengeance : elle n'aurait pas supporté sa séparation avec Romain B., absent au moment des faits.

Du sang décelé dans leurs poumons

L'autopsie ainsi que les analyses toxicologiques n'ont pas permis de déterminer les causes précises de la mort, qualifiée de « suspecte », des deux soeurs. Mais du sang a été décelé dans leurs poumons. Dans l'attente d'expertises plus poussées, les hypothèses d'une asphyxie ou d'une intoxication sont privilégiées.

Lors de sa garde à vue, Djamila E. a été confrontée à son frère et sa belle-soeur, qui ont émis de forts soupçons à son encontre. Ces derniers racontent lui avoir rendu visite de façon inopinée le dimanche matin, alors que la suspecte les avait dissuadés de venir. « Ils racontent qu'elle a mis du temps à leur ouvrir la porte et qu'ils ont été frappés par une odeur pestilentielle, explique un proche de l'enquête. Elle prétend alors que ses filles sont malades d'une gastro-entérite. »

Les proches de la suspecte sont intrigués par « son comportement anormal ». Dans l'appartement, ils ne peuvent voir que la plus âgées des filles : celle-ci est mal en point et ne répond pas lorsqu'ils lui parlent. Elle décédera vers 17 heures, à l'arrivée des pompiers, d'un arrêt cardio-respiratoire. L'autopsie révèle que sa petite-soeur est en réalité morte dans la nuit. Pour expliquer son absence, Djamila E. prétend que sa benjamine dort dans une autre chambre. En fin de journée, elle explique qu'elle ne parvient pas à réveiller ses enfants et donne l'alerte. Avant d'être hospitalisée dans un état de choc.

La mère vue en train de vendre « des vêtements et des jouets »

Interrogé par les gendarmes, le frère de Djamila E. évoque la personnalité fragile de sa soeur et sa « relation fusionnelle avec ses enfants ». « Au vu de ce qu'il savait des difficultés du couple, il émet l'hypothèse selon laquelle Djamila E. a commis l'irréparable et comptait ensuite se donner la mort mais que sa visite a chamboulé le programme », relate la même source.

Autre détail troublant : des témoins ont aperçu la mère de famille vendre des « jouets et des vêtements d'enfants » le vendredi d'avant, comme si elle avait planifié son acte. Ces derniers l'ont décrite comme « sentant l'alcool » et « dans un état second ».

Les analyses toxicologiques ont mis en évidence « un fort taux d'acétone » dans le sang de Djamila E., compatible avec une consommation excessive d'alcool le jour du drame. Devant les enquêteurs, elle a contesté toute responsabilité dans la mort de ses enfants. Des expertises psychiatriques vont être diligentées pour confirmer ou non sa responsabilité pénale.

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