Fêtes clandestines durant la crise sanitaire: un organisateur jugé le 7 septembre à Bobigny

Fêtes clandestines durant la crise sanitaire: un organisateur jugé le 7 septembre à Bobigny
Fête clandestine dans un tunnel ferroviaire le 21 novembre 2020 dans Paris confiné

, publié le mardi 05 janvier 2021 à 15h34

Un organisateur de fêtes clandestines, dont certaines ont rassemblé plusieurs centaines de personnes pendant la crise sanitaire, comparaîtra le 7 septembre pour "mise en danger de la vie d'autrui", a décidé mardi le tribunal correctionnel de Bobigny.

Passionné de musique électronique et graphiste, le jeune homme de 27 ans préside l'association Feel Free Records, créée au printemps 2019. Selon le parquet, il prône "la transgression des règles et la liberté, et ce en dépit des précautions imposées par la crise sanitaire".

En 18 mois d'activité, au moins 22 soirées clandestines ont été recensées et ont généré un chiffre d'affaires de plus de 150.000 euros, selon la source. La plupart ont eu lieu avant le confinement imposé pour lutter contre l'épidémie de Covid 19.

Les fêtes avaient notamment pour décors d'anciennes carrières du Val-d'Oise ou un hangar désaffecté à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Un millier de personnes s'y étaient réunies fin septembre 2020. C'est à cette occasion que le commissariat local a pu remonter jusqu'au jeune homme.

Une autre fête à grande échelle s'était ensuite déroulée en plein confinement, dans la nuit du 21 au 22 novembre. Environ 600 fêtards avaient dansé dans un tunnel ferroviaire abandonné à Paris. Plusieurs médias, dont l'AFP, s'étaient fait l'écho de cette soirée clandestine.

"On n'a pas de preuve du réel risque (sanitaire) que représentent ces soirées qui se déroulent en milieu ouvert et non en milieu clos", a déclaré à l'AFP son avocate Me Marianne Rostan.

Ces rassemblements déployaient une importante logistique: pré-vente des places, promotion, matériel de sonorisation, service de sécurité, bar, décors lumineux ou encore utilisation d'un drone.

Placés sous contrôle judiciaire, le principal mis en cause, le dirigeant d'une société spécialisée dans la pré-vente de places et le fournisseur du matériel de sonorisation de l'une des fêtes sont poursuivis pour "mise en danger d'autrui", "travail dissimulé", "ouverture de débits de boissons".

La plateforme de vente de billets Shotgun, utilisée dans la fête parisienne, "déplore une utilisation détournée de ses outils de mise en vente (...) visant à camoufler l'évènement aux yeux des équipes", a réagi son avocat Me Antonin Lévy.

Plusieurs fêtes clandestines ont été organisées en France malgré l'état d'urgence sanitaire. À Lieuron, au sud de Rennes, une rave party a rassemblé jusqu'à 2.500 personnes pour la nuit du Nouvel An. Un jeune homme a été placé lundi en détention provisoire, niant toutefois en être l'organisateur.

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