Etats-Unis: perpétuité pour les parents tortionnaires de la "maison de l'horreur"

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David et Louise Turpin, un couple d'Américains condamné à la perpétuié pour avoir torturé 12 de leurs 13 enfants dans la "maison de l'horreur"
David et Louise Turpin, un couple d'Américains condamné à la perpétuié pour avoir torturé 12 de leurs 13 enfants dans la "maison de l'horreur"
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© AFP, Jose ROMERO, Riverside County Sheriff's Department

AFP, publié le vendredi 19 avril 2019 à 20h42

Les parents de "la maison de l'horreur" ont été condamnés vendredi aux Etats-Unis à la réclusion à perpétuité pour avoir infligé pendant des années des actes de torture à douze de leur treize enfants.

David Turpin, 57 ans et son épouse Louise, 50 ans, pourront demander une libération anticipée dans 25 ans, a précisé le tribunal de Riverside, en Californie (sud-ouest).

Le couple avait plaidé coupable en février de 14 chefs d'accusation, dont torture ou séquestration dans cette affaire qui a glacé l'Amérique. Ils avaient ainsi évité une douloureuse confrontation à leurs enfants.

Deux d'entre eux ont toutefois assisté à l'annonce du verdict, jeudi, et provoqué les larmes de leurs parents avec des déclarations poignantes.

"Mes parents m'ont volé ma vie, mais je l'ai récupérée", a ainsi déclaré leur fille aînée. "Ca a été dur, mais ça m'a rendu plus forte", a-t-elle ajouté.

"Je ne peux pas décrire avec des mots ce que nous avons traversé en grandissant", a poursuivi un de ses frères. "Parfois j'ai encore des cauchemars liés à cette période, avec mes soeurs enchaînées par exemple. Mais c'est du passé et j'aime mes parents et je leur pardonne", a-t-il encore dit.

Le couple leur a présenté des excuses, assurant avoir été animés par de "bonnes intentions". "Je ne comptais pas leur faire de mal", a déclaré David Turpin, tandis que sa femme soulignait son amour pour chacun de ses 13 enfants, aujourd'hui âgé de 3 à 30 ans.

Dans un message lu par un tiers, un autre enfant a évoqué la foi de la famille. "Ils nous ont tenus à l'écart du monde, pensant que Dieu les guiderait".

- Contusions -

Pendant des années, le couple avait maintenu ses enfants captifs à leur domicile, rebaptisé "la maison de l'horreur" par les médias américains, situé sur la petite ville de Perris, à une centaine de kilomètres à l'est de Los Angeles.

L'alerte avait été donnée en janvier 2018 par l'une des filles qui, après deux ans de préparatifs, avait échappé à la surveillance de ses bourreaux.

L'adolescente de 17 ans avait appelé les secours, expliquant à l'opérateur que ses deux soeurs cadettes étaient "enchaînées à leur lit", si étroitement que leurs corps étaient marqués par les contusions.

A leur arrivée, les policiers avaient effectivement retrouvé certains des enfants enchaînés à leur lit. Tous, sauf la plus jeune, étaient dans des conditions d'extrême saleté et de malnutrition sévère.

De l'extérieur, l'habitation présentait l'apparence paisible d'une maison typique des banlieues californiennes. Les parents avaient déclaré pratiquer l'enseignement à domicile, une pratique courante aux Etats-Unis.

- Un bain par an -

Mais l'intérieur du domicile était sordide et l'air irrespirable, lourd de relents de crasse et d'excréments. Selon les enquêteurs, les enfants punis restaient attachés même s'ils avaient besoin de se rendre aux toilettes...

Ils n'avaient droit qu'à un bain par an, et "si les enfants étaient vus se lavant les mains plus haut que les poignets, ils étaient accusés de jouer avec l'eau et enchaînés", avait précisé le procureur à l'époque de cette découverte.

Lorsqu'elles n'étaient pas enchaînées, les victimes étaient entravées dans différentes chambres et n'étaient pas autorisées à jouer.

Les enfants, dont plusieurs souffrent de lésions et déficiences liées aux privations, étaient censés dormir 20 heures par jour selon le programme de leurs parents, qui les réveillaient tout de même au beau milieu de la nuit pour leur "repas": des sandwichs au beurre de cacahuètes, des chips et des burritos.

Dans un témoignage lu à l'audience, l'un d'eux, désormais étudiant, a confié avoir appris depuis sa libération à faire "du vélo", "à nager", "à manger sainement"...

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