Estelle Mouzin : de nouvelles fouilles lundi dans une ancienne propriété de Michel Fourniret

Estelle Mouzin : de nouvelles fouilles lundi dans une ancienne propriété de Michel Fourniret
Le château du Sautou.

, publié le samedi 05 décembre 2020 à 11h11

Selon l'avocat de Monique Olivier, Michel Fourniret aurait indiqué certains lieux à explorer dans une de ses anciennes propriétés.

Les enquêteurs vont se rendre lundi dans les Ardennes pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, disparue en 2003. Un mois après un déplacement avec le tueur en série Michel Fourniret, le voyage se fera cette fois sans lui.

Selon plusieurs sources proches du dossier, de nouvelles fouilles sont prévues dans le parc du château du Sautou, sur la commune de Donchéry, ancienne propriété de l'"Ogre des Ardennes" où deux corps de jeunes victimes avaient déjà été retrouvés en 2004. Celles-ci pourraient durer plusieurs jours.

En juin, les enquêteurs qui tentent de faire la lumière sur la disparition de la fillette de 9 ans avaient déjà exploré cette vaste propriété isolée de 15 hectares, sans résultat. 

En octobre, la juge d'instruction parisienne Sabine Kheris, qui a repris les investigations depuis 2019, avait fait d'abord amener Michel Fourniret, mis en examen dans cette affaire pour "enlèvement et séquestration suivis de mort", à Guermantes (Seine-et-Marne), où s'était volatilisée la petite fille le 9 janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école, puis dans les Ardennes. La magistrate avait pour espoir de "déclencher des souvenirs" chez le septuagénaire à la mémoire chancelante, qui avait fini par avouer en mars sa responsabilité dans cette affaire. Deux mois plus tôt, son ex-épouse, Monique Olivier, mise en examen de son côté pour "complicité", l'avait accusé d'avoir violé et tué l'enfant. 


Pendant cinq jours, le convoi le transportant avec son ex-femme s'était ainsi rendu tour à tour dans une maison de Ville-sur-Lumes, où cette dernière affirme qu'Estelle Mouzin a été séquestrée, violée et tuée, dans un cimetière de Charleville-Mézières, sur un terrain à Floing ou encore au château du Sautou. Un important dispositif avait été déployé, mobilisant notamment des enquêteurs de la section de recherches de Dijon en charge de l'enquête, des militaires de la 17e RDP de Montauban, unité spécialisée en fouilles opérationnelles, et des experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie. 

Ce déplacement n'a toutefois pas permis de retrouver le corps. Mais Corinne Hermann, une avocate de la famille d'Estelle Mouzin, avait alors salué de "sérieuses avancées", soulignant que la famille attendait "de pouvoir inhumer le corps d'Estelle". Selon Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier, Michel Fourniret aurait indiqué certains lieux dans le parc du château à explorer. L'ex-épouse du tueur a de son côté été de nouveau interrogée vendredi par la juge qui cherche à savoir si elle en sait plus dans cette affaire.

Alors que près de 18 ans se sont déjà écoulés depuis la disparition de la fillette, le temps presse, d'autant que l'état de santé de Michel Fourniret se dégrade. Ce dernier, dont l'état neurologique est inconstant, est hospitalisé depuis qu'il a fait le 20 novembre un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), selon le ministère de la Justice.

Michel Fourniret a été déclaré coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001 et condamné à la perpétuité incompressible, puis à nouveau condamné en 2018 pour un assassinat crapuleux. En février 2018, il a avoué avoir tué deux autres jeunes femmes dans l'Yonne: Marie-Angèle Domece, disparue en 1988 à 19 ans et dont le corps n'a jamais été retrouvé, et Joanna Parrish, 20 ans, retrouvée morte deux ans plus tard. 

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