Enfant tué dans un ascenseur : l'entretien de la machine mis en cause

Enfant tué dans un ascenseur : l'entretien de la machine mis en cause
Un enfant de quatre ans est décédé, le 8 juin, après la chute d'un ascenceur dans le centre commercial «Côté Seine» d'Argenteuil (Val-d'Oise). Il avait été recouvert par une bâche le lendemain du drame.

leparisien.fr, publié le mercredi 20 juin 2018 à 19h30

L'avocat de la famille d'Ismaël a porté plainte, ce mercredi, contre les sociétés d'ascenseurs et le directeur du centre commercial. L'ascenseur incriminé avait déjà rencontré un problème en 2015.

Les obligations de sécurité et de prudence imposées par la loi et le règlement régissant le fonctionnement et l'entretien des ascenseurs ont-elles été violées ? Dix jours après la mort d'Ismaël, 4 ans, lors de la chute tragique d'un ascenseur hydraulique au centre commercial «Côté Seine» d'Argenteuil (Val-d'Oise), la famille de la victime passe à l'offensive.

Alors qu'une information judiciaire a été ouverte le 10 juin contre X pour «homicide involontaire», Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille porte plainte ce mercredi auprès du procureur de la République de Pontoise en visant directement les sociétés d'ascenseurs ThyssenKrupp et Schindler France ainsi que le directeur du centre commercial «Côté Seine».

Outre le chef d'homicide involontaire, l'avocat cherche à élargir l'enquête aux faits de «mise en danger de la vie d'autrui, dissimulation de preuves et modification de l'état des lieux d'un délit». Après le drame, la direction du centre commercial a récupéré le dernier carnet d'entretien de l'ascenseur auprès du poste de sécurité, comme le relève l'avocat de la famille. Une attitude jugée «particulièrement étonnante».

La chute de l'ascenseur n'a pas pu être empêchée comme ça aurait dû, selon un expert

Me Yassine Bouzrou demande que les investigations relatives à ces faits dénoncés soient effectuées dans le cadre de l'instruction actuelle, mais par un autre magistrat. L'avocat a déposé une requête en récusation à l'encontre de la juge Violaine Esparbes, pour « comportement inapproprié et refus injustifiée de recevoir les constitutions des parties civiles de la famille ».

Les ascenseurs hydrauliques sont soumis à un système strict de réglementation de prévention des risques de chute libre, de dérive et d'excès de vitesse de la cabine. Or, l'avocat considère que ces obligations n'ont pas été respectées. Les accusations de la famille s'appuient sur les constatations troublantes d'un ascensoriste requis par la justice le jour du drame.

L'expert qui émet l'hypothèse d'une chute de la cabine à cause d'«un flexible hydraulique qui s'est désolidarisé du raccord de la tête de vérin» constate que l'ascenseur ne possédait pas de taquet anti-dérive, susceptible de bloquer la descente de la cabine. Selon le spécialiste, l'ascenseur ne disposait pas non plus de parachute hydraulique.

Un problème quasi-similaire déjà en 2015

Autre élément à charge, le témoignage spontané d'un autre ascensoriste. Cet ancien employé de la société ThyssenKrupp qui a travaillé sur l'entretien de tous les ascenseurs du centre commercial «Côté Seine» a confié aux enquêteurs être intervenu en urgence en 2015 pour «une dérive de cabine» sur l'ascenseur litigieux.

Selon lui, l'ascenseur vitré était descendu à petite vitesse, jusqu'à l'étage -2. Au niveau de la fosse, il avait alors constaté qu'un flexible hydraulique était percé, raison pour laquelle il y avait au sol une grande quantité d'huile. Un même résidu a été retrouvé le 8 juin dernier. Pour Me Yassine Bouzrou, le fait qu'un tel problème soit déjà intervenu en 2015 aurait dû entraîner une vigilance accrue.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU