En Essonne, les policiers des BAC doivent se regrouper

En Essonne, les policiers des BAC doivent se regrouper
Des policiers dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. (Illustration)
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leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 21h26

Faute d'effectifs suffisants, les brigades anticriminalité de trois commissariats du département sont amenées à mutualiser leurs moyens pour assurer leurs patrouilles.

Dans l'Essonne, la solution au manque de fonctionnaires pour assurer les patrouilles de brigade anticriminalité (BAC) passe par la mutualisation. C'est ce qu'a demandé la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) dans une note transmise fin avril aux chefs de circonscriptions du Val d'Yerres - Val de Seine, un bassin de population de 130 000 habitants sur lequel se trouvent trois commissariats. Chacun avait une BAC. Désormais les jours où les effectifs ne seront pas suffisants, il n'y aura que deux patrouilles du genre pour un territoire vaste, frontalier avec la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne.

« Généralement, il faut être trois agents pour faire une patrouille de BAC, détaille un policier. Mais on les fait plus souvent à deux... » Une situation due aux arrêts maladie, aux départs pas encore remplacés. Mais voilà, le transport du fusil-mitrailleur dans les véhicules est devenu indispensable en raison du risque attentat. Et les textes disent que les fonctionnaires doivent être trois pour avoir avec eux cette arme lourde.

« Il s'agissait juste d'un rappel des règles de sécurité qui s'appliquent au niveau national », a expliqué au Parisien - Aujourd'hui en France Josiane Chevalier, la préfète de l'Essonne. « Il n'est pas question de supprimer des Bac, mais la norme de travail, c'est trois fonctionnaires », a également déclaré fin avril Jean-François Papineau, le directeur départemental de la sécurité publique.

«Les chiffres de la délinquance vont finir par s'en ressentir»

Reste que cette note s'entrechoque avec un regain de tensions entre bandes rivales dans des cités de cette agglomération « et cela va rallonger notre temps d'intervention » prédit un policier. « Le week-end dernier, nous avons eu plusieurs appels venant de polices municipales pour intervenir sur des rodéos urbains. Nous n'avons pas pu y aller, nous étions pris par ailleurs, appuie une source interne. Nous sommes moins présents sur le terrain et cela va finir par se ressentir sur les chiffres de la délinquance. »

Pour Claude Carillo, du syndicat Alliance, « ces consignes vont dans le sens de la sécurité. Mais nous constatons que la PSQ (NDLR : police de sécurité du quotidien) est mise en place sans les moyens. Nous réclamons à cor et à cri des effectifs supplémentaires. Dans le Val d'Yerres - Val de Seine, les commissariats fonctionnent à flux tendus et c'est le cas ailleurs aussi. »

Nicolas Dupont-Aignan, le député (DLF) de cette circonscription de l'Essonne a d'ailleurs écrit au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb pour se plaindre de cette situation. Contacté, il a réagi : « C'est un scandale absolu. On nous a annoncé que nous sommes en police de sécurité du quotidien. Nous gagnons une permanence d'écoute une fois par semaine, mais on nous supprime une patrouille... »

Ce manque d'effectif s'accompagne d'un manque de matériel. Au commissariat de Montgeron, par exemple, les fonctionnaires de la brigade anticriminalité dont le travail est de se fondre dans la masse pour traquer les flagrants délits circulent désormais en voiture... sérigraphiée. Tous les véhicules banalisés sont actuellement en panne.

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