Double parricide au Pays basque: 30 et 20 ans de prison pour le couple de co-accusés

Double parricide au Pays basque: 30 et 20 ans de prison pour le couple de co-accusés
Des peines de 30 et 20 ans de réclusion criminelle ont été requises samedi à Pau contre le couple de jeunes gens accusé d'un double parricide, en février 2016

, publié le dimanche 29 novembre 2020 à 06h43

Un jeune homme de 27 ans a été condamné tard samedi à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de ses parents en février 2016 dans le village basque de La Bastide-Clairence, et son ex-compagne, jugée pour complicité d'assassinat, à 20 ans.

Après huit jours de débats et six heures de délibéré, le verdict de la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau, annoncé peu avant minuit, a clos un procès qualifié de "maudit" car reporté à trois reprises, dont la dernière en mars au moment du confinement.

La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général en infligeant 30 ans de prison à Kévin Rouxel, reconnu coupable de l'assassinat de ses parents Pascal et Ewa Rouxel, et 20 ans à Sofiya Bodnarchuk, son ex-compagne rencontrée sur internet.

A l'annonce du verdict, la jeune femme de 27 ans d'origine kazakhe s'est effondrée au sol, en pleurs. Son avocat, Me Edouard Martial, a immédiatement annoncé qu'il allait faire appel.

Les époux Rouxel, 55 et 54 ans, ont été tués au revolver le 20 février 2016, dans leur maison familiale, alors que la famille était réunie pour fêter un anniversaire.

Leur fils Kévin, 27 ans, avait expliqué le projet macabre par une intention de récupérer un "pactole" estimé à 1,5 million d'euros, "voire 2 millions si on se débrouillait bien".

"Nous ne sommes pas face à un parricide, nous sommes face à un crime crapuleux", a lancé lors de son réquisitoire l'avocat général Marc Mariée. "Pascal et Ewa Rouxel n'ont pas été assassinés en tant que parents. Nous sommes face à des actes posés par des gens animés par un seul objectif, l'argent."

Dans sa plaidoirie en défense de Sofiya Bodnarchuk, Me Martial a plaidé l'acquittement face à un dossier "sans preuve tangible" et a décrit une affaire résumée à "la force poisseuse de la rumeur", tenue uniquement par le "cliché de la petite pute blonde qui vient de son petit pays pour dépouiller un jeune Français et ratisser l'argent".

Face à lui, Me Emmanuel Zapirain, défenseur d'un Kévin Rouxel qui depuis 2018 n'a eu de cesse de charger son ancienne compagne, a insisté sur la complicité de la jeune femme: "Kévin était à sa merci, il était complètement dépendant d'elle affectivement et sexuellement et il fallait bien qu'il réponde à ses attentes".

Avec sa partenaire, le jeune homme avait acheté du matériel -alcool à brûler, acide chlorhydrique- pour brûler la maison en emportant les biens de valeur. Une "check list", écrite de sa main et détaillant toutes les étapes à mener à bien pour accomplir ce qu'il qualifie de "crime parfait", avait été retrouvée dans la poche de son pantalon.

Les deux anciens amants étaient aussi accusés d'avoir tenté de tuer le fils aîné des Rouxel, Yann, atteint du syndrome d'Asperger. Ce dernier avait été découvert par les gendarmes en état de choc tandis que les corps sans vie de ses parents gisaient dans la salle à manger et la cuisine.

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