Double meurtre à Pantin: la famille d'une victime réclame "la vérité" à l'accusé

Double meurtre à Pantin: la famille d'une victime réclame "la vérité" à l'accusé
Manuels juridiques français. Photo prise le 13 juin 2019.

, publié le mercredi 20 novembre 2019 à 15h12

"On a du mal, on vit avec cette peine": au procès du double meurtre à Pantin, la famille d'Amelle, une des victimes, a défilé à la barre mercredi à Bobigny, réclamant "la vérité" à l'accusé, qui ne connaissait pas la jeune femme avant de la tuer.

En juillet 2016, Amelle, 31 ans, avait été poignardée de huit coups de couteau avec son amie d'enfance, Chrystelle, dans la cité des Courtillières, à Pantin. Les deux femmes s'étaient rendues au domicile de l'accusé, 54 ans, pour avoir des "explications" après que la fille aînée de Chrystelle, 9 ans à l'époque, eut confié à sa mère avoir subi des "attouchements".

Si le quinquagénaire reconnaît le double meurtre, il change souvent de version depuis l'ouverture du procès lundi, tant sur le déroulé des faits que sur les accusations d'attouchements. 

Une confusion difficile à vivre pour la famille d'Amelle, seule présente dans la salle d'audience des assises de Seine-Saint-Denis (Chrystelle n'est pas représentée). 

D'autant que si l'accusé affirme avoir eu des relations sexuelles tarifées avec Chrystelle (ce que l'enquête n'a pas pu prouver), il a assuré qu'il ne connaissait pas Amelle avant de la tuer.

"Je veux qu'il dise la vérité. Je veux dire à mon fils: +Ta maman, elle est partie pour soutenir sa copine+", a expliqué à la barre l'ex-compagnon d'Amelle. Présent dans la salle, leur fils, 7 ans à l'époque des faits, essuie ses larmes avec un mouchoir en papier, avant de sortir, en pleurs.

Les deux femmes avaient "grandi ensemble" et étaient "très proches", partageant même pendant quelques temps une colocation, quand elles avaient à peine vingt ans. "C'était comme une sœur pour elle", a résumé un des frères d'Amelle.

"On a du mal, on vit avec cette peine. Tous les jours, on ressent ce manque", a expliqué, la voix tremblante, sa sœur cadette, ajoutant que le père de la fratrie était mort "de chagrin" un an jour pour jour après le meurtre de sa fille.

Décrite par ses proches comme une "maman-poule", "souriante, toujours joyeuse, mais qui ne se laissait pas faire", sa disparition a laissé "un vide".

"Je n'ai plus le goût de la vie", raconte un autre frère, devenu "accro" aux émissions d'affaires criminelles depuis le meurtre de sa petite sœur.

Le verdict est attendu vendredi.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.