Dordogne: relaxe pour l'institutrice d'une enfant défenestrée par son camarade

Dordogne: relaxe pour l'institutrice d'une enfant défenestrée par son camarade
Le tribunal correctionnel d'Angoulême a prononcé la relaxe d'une enseignante poursuivie pour "homicide involontaire" après la mort d'une écolière trisomique de 8 ans défenestrée par son camarade "psychotique"

, publié le jeudi 02 janvier 2020 à 16h50

Le tribunal correctionnel d'Angoulême a prononcé la relaxe d'une enseignante poursuivie pour "homicide involontaire" après la mort d'une écolière trisomique de 8 ans défenestrée par son camarade "psychotique" en 2015 à Périgueux alors qu'elle se trouvait sous sa responsabilité.

La présidente Marie-Elisabeth Boulnois a justifié la décision du tribunal par "l'absence de faute caractérisée". L'enseignante ignorait que le petit garçon avait déjà commis un geste similaire, blessant une fillette, et ne pouvait donc avoir conscience de la "particulière gravité" des risques encourus, selon le tribunal.

Six mois de prison avec sursis avaient été requis à l'audience le 10 décembre.

Laly, 8 ans, était morte le 9 janvier 2015 après avoir été poussée la veille, d'une hauteur de 5 m, d'une fenêtre de son école par un camarade du même âge, identifié pour ses troubles du comportement. L'expertise menée durant l'enquête avait révélé une personnalité "psychotique". 

Les faits étaient survenus à Périgueux mais l'enquête avait été dépaysée, les parents adoptifs de la victime étant employés par l'administration judiciaire de Dordogne.

La chute de la fillette s'était produite dans une classe pour l'inclusion scolaire (CLIS) de l'école privée du Sacré-Coeur accueillant des enfants atteints de handicaps psycho-moteurs et/ou de troubles du comportement. 

Le drame avait débouché sur la mise en examen de la directrice de l'école, Elisabeth Jaccard, et de la référente de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) chargée du suivi du garçon, mais seule la première a été renvoyée devant la justice.

"Je me reprocherais toute ma vie ce qui s'est passé", avait déclaré à la barre cette femme de 49 ans, en pleurs, à l'évocation des "trois à cinq minutes" où tout a basculé.

"Jamais" elle n'aurait inscrit le garçon si elle avait "été mise au courant" de ses "antécédents": en 2013, il avait déjà poussé du premier étage une fillette de 2 ans, la blessant légèrement.

Placé depuis ses 2 ans et demi, évoluant dans un lourd contexte familial - le père a été condamné à 4 ans ferme pour l'avoir agressé sexuellement -  le garçon était suivi par les services sociaux. En 2014, ils mettaient en garde contre d'"autres passages à l'acte", une information non parvenue jusqu'à l'école.

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