Disparition de Delphine Jubillar : son mari face aux juges

Disparition de Delphine Jubillar : son mari face aux juges
Cédric Jubillar lors d'une marche blanche organisée par les collègues de l'infirmière à Albi le 12 juin 2021.

publié le vendredi 15 octobre 2021 à 06h30

Cédric Jubillar est mis en examen pour le meurtre de son épouse et clame son innocence. Il est convoqué par les juges d'instruction ce vendredi 15 octobre à Toulouse. 

Les enquêteurs soupçonnent Cédric Jubillar d'avoir tué et fait disparaître son épouse.

Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, mère de deux jeunes enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 de leur maison de Cagnac-les-Mines (Tarn), un village près d'Albi. Le couple était en instance de divorce. 




Sans corps, ni aveux, ni preuve irréfutable, les gendarmes de la section de recherche de Toulouse ont longtemps piétiné. Mais le peintre-plaquiste de 34 ans a été mis en examen pour meurtre et écroué le 18 juin, six mois après la disparition de son épouse, la justice estimant qu'il y avait "des indices graves et concordants" contre lui. 

"Séparation très conflictuelle" 

Les avocats du suspect numéro 1 ont demandé trois fois sa remise en liberté, en vain. Ils dénoncent des pressions psychologiques et des "incohérences" dans le "scénario" des enquêteurs. "Le dossier est vide. On ne ne nous a fourni aucun élément qui soit un début de preuve, la seule hypothèse qui est envisagée c'est sa culpabilité. Il n'y a aucun élément probant, personne ne vous dira que le dossier est accablant", déplore Emmanuelle Franck, l'un des avocats de Cédric Jubillar. Il "se doutait qu'il allait être suspecté en tant que mari, mais il ne comprend pas l'engrenage judiciaire dans lequel il est pris. Il dit qu'il est innocent, et ne comprend pas pourquoi il est en détention", s'insurge-t-elle. 

En juin, en annonçant la mise en examen de Cédric Jubillar, le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzeari avait dépeint un "contexte de séparation très conflictuel". Le peintre-plaquiste avait "de très grandes difficultés, affectives et matérielles, à accepter cette séparation". 

Des éléments troublants 

Selon la version du mari, Delphine Jubillar est sortie de chez eux le 15 décembre vers 23H00, alors que le couvre-feu était en vigueur, avec leurs deux chiens, vêtue d'une doudoune blanche et munie de son téléphone portable. Il dit s'être rendu compte de son absence vers 04H00, réveillé par les pleurs de leur fille. Après quelques appels à des proches de sa femme, il compose le 17. Les gendarmes arrivent vers 04h50. 

Plusieurs éléments les conduisent à le soupçonner : un lave-linge qui tourne en pleine nuit le soir de la disparition de Delphine, avec la couette de celle-ci à l'intérieur; le téléphone portable de Cédric Jubillar éteint ce soir là, alors qu'il le garde habituellement allumé la nuit; le fils du couple, âgé de six ans, qui rapporte une violente dispute dans la soirée; des SMS indiquant qu'il avait découvert que sa femme avait un amant; des cris entendus par des voisins... Le couple avait des problèmes d'argent, vivait avec ses deux enfants dans une maison qui n'était pas terminée, au milieu de coquettes villas d'une zone pavillonnaire. 

Fouilles vaines 

Dix mois après la disparition, les recherches continuent. Les enquêteurs ont perquisitionné la maison à plusieurs reprises, ont sondé lacs, rivières et puits, mené des battues dans les champs et les bois des environs de Cagnac-les-Mines, étendu les recherches dans un rayon de 15 km autour du village... La semaine dernière, des spéléologues ont même inspecté des friches industrielles datant de l'époque de l'exploitation minière.

"Le fait qu'il n'y ait ni corps, ni aveux, n'empêche pas qu'un suspect soit renvoyé devant les assises. C'est un cas de figure fréquent. La culpabilité peut être établie sur la base d'un faisceau d'indices", rappelle un magistrat. La ligne de défense été ébranlée par des déclarations de la mère de Cédric Jubillar, qui a confié à la Radio 100% croire en la culpabilité de son fils, avant de se rétracter. 

Les enfants, le petit garçon et une fille de 2 ans, ont été confiés à la sœur de l'infirmière par la justice. Cédric Jubillar, en détention à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, est placé à l'isolement, pour sa sécurité. 

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