Disparition de Delphine Jubillar : son mari Cédric reste en prison

Disparition de Delphine Jubillar : son mari Cédric reste en prison
La maison de Delphine et Cédric Jubillar à Cagnac-les-Mines, le 22 décembre 2020.

publié le jeudi 08 juillet 2021 à 12h17

L'avocat général avait requis le maintien en détention provisoire, décrivant Cédric Jubillar comme un homme "en totale et constante contradiction avec lui-même".

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté jeudi 8 juillet la demande de remise en liberté du mari de l'infirmière Delphine Jubillar, disparue depuis le 15 décembre 2020. Cédric Jubillar a été mis en examen pour meurtre et écroué le 18 juin.

"La Cour énonce comme une vérité la thèse selon laquelle il est impossible que Delphine Jubillar ait disparu dans d'autres conditions, c'est-à-dire dans le cadre d'une mauvaise rencontre, a estimé l'un des avocats de Cédric Jubillar à la sortie de l'audience. Nous avons exposé des pistes qui peuvent laisser penser qu'elle a rencontré un rôdeur, ces pistes n'ont pas été fouillées."

"On a un meurtre sans corps et on part du postulat que Delphine Jubillar est morte, c'est déjà une difficulté, a souligné un autre de ses avocats. Et quand bien même on admettrait cette hypothèse, il n'y a rien qui permette de rattacher cela à la participation de son époux."

Ils estimaient qu'il n'y avait dans ce dossier "aucune preuve" de la culpabilité de leur client, un peintre-plaquiste de 34 ans, qui clame son innocence. "On n'a pas réussi à réunir des preuves, alors on nous fait la preuve par la négative, dénonçait mardi l'un de ses avocats. On n'a rien trouvé, donc c'est lui. Tout ce qu'il va faire ou ne pas faire, sera retenu contre lui."


Lors d'une audience mardi, l'avocat général Bernard Lavigne avait requis le maintien en détention provisoire de Cédric Jubillar, qu'il a décrit comme un homme "en totale et constante contradiction avec lui-même", "afin de protéger les indices et pour qu'il ne soit pas en mesure de modifier des éléments de l'enquête ni d'exercer des pressions sur quiconque".

"Après six mois d'enquête, des centaines d'auditions, des écoutes téléphoniques, on a affaire à un dossier dans lequel il n'y a pas de scène de crime, ni aucun élément qui permette de dire si un crime a eu lieu", s'était insurgé un autre avocat de Cédric Jubillar.

On est sans nouvelles depuis le 15 décembre de l'infirmière de 33 ans, qui vivait dans le village de Cagnac-les-Mines (Tarn), près d'Albi, avec son mari et ses deux enfants. Le couple était en instance de divorce.

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