Disparition de Delphine Jubillar: le mari maintenu en détention

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Cédric Jubillar le 23 décembre 2020 lors des recherches de sa femme à Cagnac-les-Mines dans le Tarn
Cédric Jubillar le 23 décembre 2020 lors des recherches de sa femme à Cagnac-les-Mines dans le Tarn
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© AFP, Fred SCHEIBER

publié le vendredi 14 janvier 2022 à 15h26

Les demandes de mise en liberté de Cédric Jubillar - qui nie toute implication dans la disparition de sa femme Delphine- s'enchaînent, mais la justice continue d'estimer qu'il existe suffisamment d'éléments à charge pour le maintenir en détention.

Vendredi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a une nouvelle fois dit "non" à la demande formulée par les trois avocats du peintre-plaquiste de 34 ans, écroué le 18 juin, quand il a été mis en examen pour meurtre.

"On nous dit que notre demande est prématurée. Il continue de clamer son innocence comme il le fait depuis un an", regrette Jean-Baptiste Alary, un des avocats du mari de Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans qui a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

"Ce dossier est vide. Quand est-ce que la justice va s'en rendre compte ? Il est injustement détenu au regard des maigres éléments avancés par l'accusation", martèle depuis des mois Me Alary.

- Recherches -

Delphine et Cédric Jubillar étaient en instance de divorce et les enquêteurs sont convaincus de l'implication du mari dans la disparition de son épouse. Ils privilégient la thèse d'une violente dispute dans leur maison de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, au cours de laquelle Cédric aurait tué son épouse, avant de dissimuler son corps.

Plus d'un an après sa disparition, les gendarmes de la section de recherche de Toulouse continuent de chercher le corps de Delphine Jubillar, qui pourrait leur livrer de précieuses indications sur les circonstances de sa mort.

De vastes recherches ont été entreprises dans les semaines suivant la disparition et une cellule d'enquêteurs reste mobilisée sur cette affaire.

Mi-décembre, la compagne de Cédric Jubillar, qu'il a rencontrée en avril et avec qui il échange des lettres codées depuis sa prison, a été placée en garde à vue pendant deux journées et une nuit, pour complicité de recel de cadavre. Elle a finalement été relâchée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

Dans cette affaire sans cadavre, ni aveux, ni témoin, ni preuves accablantes, la justice s'appuie sur "un faisceau d'indices graves et concordants conduisant à Cédric Jubillar", selon une source proche de l'enquête.

- Nouvelle demande -

Mardi, lors de l'audience à huis clos devant la cour d'appel de Toulouse, les avocats de Cédric Jubillar ont avancé un nouvel argument, suggérant que l'infirmière avait quitté son domicile le jour de sa disparition.

"Il est quasiment acquis qu'elle est sortie volontairement du domicile cette nuit là, pour une raison que j'ignore", dit Me Alary.

Cette éventualité va à l'encontre de la thèse des enquêteurs, qui pensent que le mari a tué Delphine Jubillar après avoir intercepté un SMS de l'amant de son épouse, sur son téléphone.

Me Alary souligne que le mari de Delphine Jubillar peut être libéré de prison, mettant en avant qu'il était en liberté pendant les six premiers mois de l'enquête et qu'il n'a pas pour autant gêné le travail des enquêteurs.

"Même si une personne conteste les faits, une juridiction peut constater qu'il y a, dans le dossier, suffisamment d'éléments pour décider du maintien en détention", rappelle le procureur de Toulouse Samuel Vuelta Simon.

Les juges d'instruction en charge du dossier ont convoqué Cédric Jubillar pour un nouvel interrogatoire, le 11 février.

"A l'issue de cette audition, nous formulerons une nouvelle demande de mise en liberté", a prévenu Me Alary. 

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