Deux ans ferme requis contre une prêtresse animiste pour abus de faiblesse

Deux ans ferme requis contre une prêtresse animiste pour abus de faiblesse

Une peine de 4 ans de prison, dont 2 avec sursis, ainsi que 750.000 euros d'amende a été requise à l'encontre d'une prêtresse animiste, accusée d'avoir assujetti ses fidèles afin de les exploiter et leur extorquer de ...

AFP, publié le mercredi 11 avril 2018 à 21h45

Une peine de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, ainsi que 750.000 euros d'amende a été requise mercredi par la Cour d'appel de Versailles à l'encontre d'une prêtresse animiste, accusée d'avoir assujetti ses fidèles afin de les exploiter et leur extorquer de l'argent.

L'avocat général a en outre requis deux ans de prison dont un assorti de sursis et 10.000 euros d'amende contre le mari de Mélite Jasmin et leurs deux filles jumelles, pour complicité.

En première instance, le tribunal correctionnel de Pontoise avait condamné cette femme aujourd'hui âgée de 67 ans à cinq ans de prison dont trois ferme.

Celle qui se présente comme "grande prêtresse animiste" est poursuivie par douze de ses anciens fidèles, tous originaires des Antilles, qui assurent qu'elle et sa famille les ont placés sous emprise et ont abusé d'eux, parfois pendant 20 ans.

Lors de sa plaidoirie, Me Frédéric Aguillon, l'avocat de sept parties civiles, a décrit le processus de "rupture avec la famille", "la perte d'esprit critique" ou encore "l'engagement dans un processus d'endettement" qui constituent "quasiment tous les critères d'une dérive sectaire".

Il a rappelé le parcours de certains de ses clients comme cette femme qui, souffrant de la séparation avec son mari, a trouvé dans un premier temps une communauté réconfortante chez Mélite Jasmin, surnommée "Maman". Très vite, elle devient "la couturière attitrée" de la famille, travaille de plus en plus, "même la nuit" et ne voit "plus ses enfants".

Certaines des victimes présumées ont contracté plusieurs prêts pour financer le culte, avec des versements allant jusqu'à 180.000 euros.

Une accusation entièrement remise en cause par l'avocat des prévenus Frédéric Délaméa. Les versements à la famille Jasmin ? "Ce sont des affirmations unilatérales. Il n'y a rien d'autres que les déclarations des plaignants", a-t-il soutenu.

Il s'est surtout attaché à montrer qu'on faisait "le procès d'une religion". "Le problème, c'est que (l'animisme) est une religion mineure. Dans l'esprit public, c'est la religion des sauvages", a-t-il dénoncé. 

L'avocat général, lors de ses réquisitions, a tenu à dire qu'il "n'avait aucune envie" de "requérir contre l'animisme". Il a cependant rappelé qu'"il n'y a pas d'immunité découlant de la pratique d'un culte".

Dès l'éclatement de l'affaire en 2008 après la diffusion d'une notice d'alerte des renseignements généraux, "une quarantaine de personnes se sont fait connaître pour décrire des pratiques problématiques. Ça ne peut pas être balayé d'un revers de la main", a-t-il souligné.

La décision a été mise en délibéré au 3 juillet.

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