Démantèlement d'un important réseau de vol de pièces détachées auto

Démantèlement d'un important réseau de vol de pièces détachées auto
Ce trafic a fait plus de 300 victimes.

leparisien.fr, publié le mercredi 30 mai 2018 à 22h52

Près de 300 personnes auraient été victimes de ce réseau dont treize membres ont été interpellés et placés en garde à vue. L'enquête a été menée par le commissariat de Stains (Seine-Saint-Denis).

A l'origine : de « simples » dégradations sur des véhicules, comme les commissariats d'Ile-de-France en traitent tout au long de l'année. A l'arrivée : le démantèlement d'un important réseau international de vol et de revente de pièces détachées automobiles, qui a fait plus de 300 victimes pour plusieurs centaines de milliers d'euros de préjudice. Interpellés lundi et mardi, 13 de ses membres ont été placés en garde à vue au commissariat de Stains (Seine-Saint-Denis), presque entièrement mobilisé pour cette opération.

L'affaire a débuté en août dernier, alors que de nombreux propriétaires de véhicules, résidant à la fois à Stains et Pierrefitte, constatent lorsqu'ils les récupèrent que certaines parties sont manquantes. Sont particulièrement ciblées les banquettes arrière, mais aussi les pare-chocs ou les rétroviseurs, quand ce ne sont pas les jantes. Les plaintes se font régulières, et le SAIP du commissariat - service d'accueil et d'investigation de proximité -, les prend très au sérieux.

«Extrêmement méfiants et discrets»

Un premier individu suspect est identifié. Dans le même temps, certaines victimes reconnaissent leur bien, mis en vente sur leboncoin. Au fil des semaines, les policiers de Stains découvrent que leur suspect pourrait à lui seul être l'auteur de 150 vols. Mais en poursuivant leurs investigations, ils constatent qu'ils ont affaire à un réseau organisé. Tous les départements d'Ile-de-France sont concernés, et même l'Oise et l'Eure-et-Loir. « Ces malfaiteurs étaient extrêmement méfiants et discrets », décrit une source proche de cette enquête, qui s'étoffe encore. Cette fois, ce sont près de 300 faits, soit autant de victimes, dont les membres de cette bande organisée seraient les auteurs.

Aussi bien ceux chargés des vols que les receleurs ont été appréhendés en début de semaine, simultanément. Les interpellations ont eu lieu à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise), Savigny-sur-Orge (Essonne), et enfin à Stains et La Courneuve (Seine-Saint-Denis). 10 000 € et des armes de poing ont été saisis en perquisition. En fonction de la demande, les pièces étaient dispatchées à la vente sur Internet, mais aussi acheminées en direction d'autres pays européens ou des pays de l'Est, d'où la tête du réseau était originaire. A l'inverse, ses comparses étaient majoritairement de nationalité française, sans appartenir à une communauté spécifique.

«C'est extrêmement rare qu'un commissariat local puisse garder une telle enquête»

Leurs cibles favorites étaient la plupart du temps des véhicules du groupe PSA. Beaucoup de C4 et C3, 208 et 207 ainsi que Renault Clio, soient les véhicules les plus courus sur le marché français. Rien que pour les Citroën C4, le préjudice est estimé à 530 000 €. Il dépasse les 100 000 € pour les C3 et les atteint presque pour les Clio.

« C'est extrêmement rare qu'un commissariat local puisse garder une telle enquête, se réjouit Eddy Sid, porte-parole du syndicat Unité-SGP-FO pour l'Ile-de-France. D'ordinaire, ils sont souvent dessaisis au profit de la PJ ou des Sûretés territoriales. » Pas cette fois, où c'est l'ensemble du commissariat qui a œuvré à cette enquête au long cours. « Nos collègues ont vraiment fourni un travail tentaculaire pour la faire aboutir », appuie Eddy Sid.

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