Décision mardi dans le procès de l'effroyable incendie du bar Cuba Libre à Rouen

Décision mardi dans le procès de l'effroyable incendie du bar Cuba Libre à Rouen
"Au Cuba Libre", à Rouen, le 6 août 2017, au lendemain de l'incendie

, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 08h45

Le tribunal correctionnel de Rouen se prononcera mardi dans le procès du bar Cuba Libre où 14 personnes sont mortes asphyxiées dans un incendie en août 2016.

Quatre ans d'emprisonnement ferme ont été requis à l'encontre des deux co-gérants de l'établissement, les frères Nacer et Amirouche Boutrif, 48 et 40 ans, jugés pour "avoir involontairement causé la mort" de 14 personnes et avoir involontairement blessé cinq autres grièvement.

Le procureur de Rouen Pascal Prache avait évoqué un "drame épouvantable" et relevé "10 manquements à la sécurité" commis par les deux frères.

Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, un incendie s'était déclaré dans ce bar où les victimes fêtaient les 20 ans d'une jeune femme.

Dans le sous-sol de l'établissement, aménagé sans autorisation en boîte de nuit, deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, enflammaient le plafond de l'escalier. Certains participants parvenaient à s'échapper mais l'incendie provoquait la panique dans le sous-sol de 24,4 m2 où l'unique issue de secours était verrouillée.

Lors du procès, en septembre, trois jeunes survivants sont venus raconter l'horreur vécue la nuit du drame.

Les pompiers intervenus sur l'incendie ont aussi raconté comment le bar était devenu "un piège", "une souricière" pour les victimes dont la plupart avaient entre 18 et 25 ans.

Pour le procureur, les deux frères avaient "essayé de se faufiler entre les dispositions réglementaires selon le principe du +pas vu, pas pris+".

Nacer, l'aîné des frères Boutrif et gérant principal du bar avait admis devant le tribunal des manquements aux règles, après avoir racheté l'établissement en 2003. Il avait ainsi reconnu ne pas avoir entrepris de démarches auprès de la mairie avant d'aménager le sous-sol du Cuba Libre.

Les deux prévenus encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende pour homicides involontaires avec violation manifeste d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou un règlement.

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