Décès d'une femme enceinte : "Rien à voir" avec l'affaire Naomi Musenga, se défend le Samu

Décès d'une femme enceinte : "Rien à voir" avec l'affaire Naomi Musenga, se défend le Samu
Des ambulances. (illustration)

, publié le mercredi 30 septembre 2020 à 09h23

Le Samu s'est déplacé après le 3e appel de la jeune femme, victime de vomissements et de diarrhées. Mais elle est décédée peu de temps après l'arrivée des médecins.

"Toute la lumière, bien sûr, doit être faite" sur les circonstances de la mort d'une femme enceinte de 24 ans qui avait appelé 3 fois le Samu, a estimé, mercredi 30 septembre, le président du Samu-Urgences de France, François Braun.

Il refuse toutefois de faire le rapprochement avec l'affaire d'une jeune Strasbourgeoise décédée en 2017, également après des appels répétés au Samu.

Dimanche, la jeune femme qui avait appris quelques jours plus tôt son état de grossesse, se trouvait au domicile des parents de son compagnon à Saint-Jean-de-Liversay (Charente-Maritime) lorsqu'elle a été "prise de nausées et de douleurs" samedi soir, puis de malaises au cours de la nuit, indiquait mardi un communiqué du parquet de La Rochelle. Son entourage a pris contact avec le Samu à deux reprises au cours de la nuit. "Au vu de la situation", la famille a décidé de se rendre aux urgences au petit matin mais "son transport s'avérait incompatible avec son état de santé", selon le parquet. "Recontactés, les services de secours intervenaient mais ne parvenaient pas à la réanimer. Son décès était constaté à 10h", ajoute-t-il. Le parquet ne précise pas la réaction du Samu aux deux premiers appels mais selon le journal Sud-Ouest, il ne s'est pas déplacé "dans un premier temps".


"Du peu d'informations que j'ai, ça n'a rien à voir avec ce qu'il s'est passé à Strasbourg il y a quelques années", a soutenu mercredi sur RTL François Braun. "Toute la lumière, bien sûr, doit être faite", a-t-il estimé, assurant "penser d'abord à la famille et aux proches".

La direction de l'hôpital Littoral Atlantique, qui abrite les services d'urgence, a confirmé dans un communiqué qu'une patiente de 24 ans, "souffrant de vomissements et diarrhées" avait contacté le centre 15. "À la suite des différents échanges avec les médecins régulateurs, le Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) s'est déplacé au domicile de la jeune femme, qui est décédée peu de temps après son arrivée", ajoute le communiqué qui ne donne pas plus de précisions sur les mesures prises lors des deux premiers appels. Une enquête interne a été engagée par l'hôpital qui rappelle "la difficulté d'évaluer l'état de santé des patients en régulation". 

Une autopsie doit être réalisée prochainement et le compagnon a porté plainte. L'enquête a été confiée aux gendarmes de la Brigade de Marans et de la Brigade des recherches de La Rochelle, pour déterminer les causes et les circonstances du décès.

Depuis l'affaire Naomi Musenga, la formation des opérateurs du Samu a été revu, avec notamment la mise en place d'une "école des écoutants". Pour François Braun, cette réforme était "indispensable", et il rappelle que le Samu travaille avec le gouvernement à améliorer le service. Des recrutements sont prévus pour atteindre "des objectifs extrêmement précis de 99% des appels décrochés dans les 30 secondes".

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