Comment le compte Twitter de la police a permis de retrouver la famille disparue de Nancy

Comment le compte Twitter de la police a permis de retrouver la famille disparue de Nancy
Plus de 423 000 personnes suivent le compte twitter de la Police nationale.

leparisien.fr, publié le jeudi 17 mai 2018 à 18h56

La police nationale avait diffusé un avis de recherche sur les réseaux sociaux.

Le tweet est parti mercredi. En moins de 24 heures, l'avis de recherche lancé sur les réseaux sociaux par la police nationale a permis de retrouver la famille Da Silva disparue depuis plus de trois semaines près de Nancy (Lorraine).

Depuis le 28 avril, une enquête était ouverte pour retrouver un couple et ses deux enfants de 6 et 13 ans. Leurs téléphones ne répondaient plus et il avait été remarqué que la serrure avait été forcée et leur maison fouillée. En accord avec le procureur et les enquêteurs, il est donc décidé ce 16 mai de diffuser un avis de recherche sur les réseaux sociaux.

L'hôtelier reconnaît ses clients

C'est d'abord la police de Meurthe et Moselle qui tweete. Mais ce compte n'est suivi que par 919 personnes. Difficile, avec une si petite liste de diffusion, de toucher d'éventuels témoins. « On a relayé au niveau national pour leur donner de la visibilité », raconte Charlotte, community manager de la police nationale, au Parisien.

« C'est l'effet boule de neige », commente-t-elle. Les médias s'emparent de l'affaire, l'avis de recherche est diffusé sur des chaînes d'informations.

Et c'est justement en voyant l'appel à témoins à la télévision qu'un hôtelier du midi reconnaît des clients qu'il accueille depuis quelques jours. Il appelle la police qui se rend sur place. On apprendra ensuite que le couple était en fait impliqué dans un trafic de stupéfiants et avait fui pour échapper à des représailles. Mais c'est une autre histoire... « L'important, c'est que la famille ait été retrouvée saine et sauve », se félicite Charlotte.

Ce n'est pas la première fois que la police s'appuie sur les réseaux sociaux. Depuis 2014 en effet, des avis de recherche et des appels à témoins sont régulièrement diffusés... et relayés en masse.

Salah Abdeslam « a fait le tour du monde en un claquement de doigts »

En novembre 2015, par exemple, alors que la France est toujours sous le choc des attentats du Bataclan, les enquêteurs recherchent le seul survivant des commandos meurtriers. La police diffuse la photo de Salah Abdeslam sur ses réseaux sociaux. Charlotte se rappelle que sur Facebook, l'appel à témoin a été vu 33 millions de fois : « Ce jour-là, les citoyens se sont mobilisés pour aider la police. Il a fait le tour du monde en un claquement de doigts ! »

Salah Abdeslam, le 14 novembre 2015/DR

La police s'appuie ainsi sur une communauté « plutôt encline à partager » les appels à témoins sur leurs réseaux sociaux.

Et lorsqu'il s'agit de disparitions, c'est exponentiel. Sur Facebook, le dernier appel à témoins publié par la police a fait l'objet de 1800 partages et les mentions « ptg » pour « partagé » fleurissent en commentaires. « Ce n'est pas toujours pour aider la police », reconnaît Charlotte qui compte sur « le ressort émotionnel et l'empathie des gens ».

Qui a perdu ses perroquets ?

Dans les affaires de cambriolages, c'est encore sur les réseaux sociaux que l'on s'appuie pour retrouver les propriétaires d'objets volés. Et « ça marche ! », assure la spécialiste des réseaux sociaux. Généralement, ce sont des photos de bijoux ou de matériel informatique. Mais pas toujours. Mercredi, comme Le Parisien s'en est fait l'écho, deux perroquets gris du Gabon sont apparus sur le compte Twitter de la police des Yvelines. Ils sont « susceptibles d'avoir été dérobés lors d'un cambriolage ». La police : «Merci de bien vouloir nous aider à identifier leur propriétaire !»

Derrière ces comptes Twitter et Facebook, suivis respectivement par 685 000 et 423 000 personnes, se cache une équipe de cinq à six « pros de la communication » et policiers. Car ces pages ne servent pas seulement de « boîtes aux lettres » aux enquêteurs. Certains, grâce à la messagerie privée de Facebook notamment, prennent « un premier contact » avec l'institution policière. Rassuré par « l'illusion de confidentialité », l'internaute se confie. Là, le policier raccroche sa veste de spécialiste des réseaux sociaux et revient à sa mission première : il conseille et oriente.

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