Colis piégés à des anti-Trump: le suspect plaide coupable, risque la perpétuité

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Photo diffusée par le bureau du shériff du comté de Broward, en Floride, de Cesar Sayoc en août 2015
Photo diffusée par le bureau du shériff du comté de Broward, en Floride, de Cesar Sayoc en août 2015
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© AFP, HO, BROWARD COUNTY SHERIIF'S OFFICE

AFP, publié le jeudi 21 mars 2019 à 23h07

Le fan de Donald Trump arrêté fin octobre 2018 pour avoir expédié des colis piégés à des détracteurs du président a plaidé coupable jeudi à Manhattan de 65 chefs d'accusation, lui faisant risquer la perpétuité.

Cesar Sayoc, 57 ans, a reconnu devant un juge fédéral de Manhattan avoir préparé depuis la Floride 16 colis piégés, qu'il a envoyés à 13 personnalités et détracteurs de Donald Trump, dont le milliardaire et philanthrope George Soros, l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton et l'ex-président Barack Obama.

"J'ai envoyé un total de 16 engins par courrier", a déclaré d'une voix rauque M. Sayoc, incarcéré depuis son arrestation le 26 octobre, lisant une déclaration préparée avec ses avocats.

"J'ai fabriqué des engins conçus pour ressembler à des bombes artisanales", a-t-il ajouté.

"Les engins consistaient d'un tuyau en plastique, un réveil numérique et des fils électriques qui lui étaient attachés. Dans le tuyau, il y avait de la poudre pour feux d'artifice (...) et des fragments de verre", a-t-il continué, la voix étranglée.

M. Sayoc, qui avait envoyé ces colis en pleine campagne électorale pour les législatives américaines du 6 novembre, s'est reconnu coupable de 16 chefs d'accusation pour utilisation d'une arme de destruction massive - un chef d'accusation correspondant à chaque colis. Chacun d'entre eux est passible au maximum de la perpétuité. 

A cela s'ajoutent 16 chefs d'inculpation pour transport d'explosifs entre Etats, 16 autres pour avoir menacé le commerce entre Etats et 16 autres encore pour expédition illégale d'explosifs. 

Et un dernier chef pour avoir "porté des explosifs en commettant un crime", assorti d'une peine obligatoire de 10 ans de prison.

M. Sayoc avait initialement été inculpé de 30 chefs d'inculpation, qui lui faisaient déjà risquer la perpétuité. 

En acceptant de plaider coupable, il n'obtient donc pas de garantie de peine plus clémente, même si le juge Jed Rakoff a souligné qu'il n'était en rien tenu de le condamner à la prison à vie.

Le prononcé de la sentence a été fixé au 12 septembre prochain.

M. Sayoc vivait dans une camionnette couverte d'autocollants pro-Trump et anti-démocrates quand il a été arrêté. 

Aucun des colis n'avait explosé ni même atteint leur destinataire, et la dangerosité des engins explosifs qu'ils contenaient a été diversement évaluée.

cat/leo

     

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