Classement sans suite de la plainte pour viol visant Philippe Caubère

Classement sans suite de la plainte pour viol visant Philippe Caubère
L'acteur Philippe Caubère le 18 mars 2016 à Paris

AFP, publié le lundi 18 février 2019 à 23h48

Classement sans suite: dix mois après le dépôt d'une plainte pour viol par une ex-Femen, le parquet de Créteil a tranché dans l'affaire qui visait le comédien et metteur en scène Philippe Caubère.

Selon le parquet, "aucun élément ne permet de corroborer les déclarations de la plaignante sur l'absence de consentement et les personnes qu'elle avait désignées comme victimes ont nié toute agression" au cours de l'enquête, ouverte en avril à la suite de sa plainte.

Solveig Halloin, ex-militante Femen, accusait cet artiste qu'elle "admirait" de l'avoir violée en mars 2010, quelque temps après leur rencontre dans un théâtre toulousain.

Dans une vidéo publiée sur le site du Huffington Post le 18 avril 2018, la plaignante avait expliqué avoir également été violentée, harcelée et menacée de mort par le comédien, aujourd'hui âgé de 68 ans.

Elle avait par ailleurs appelé publiquement d'autres victimes éventuelles à la contacter, qualifiant M. Caubère, ex-pilier du légendaire Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, de "serial violeur" et de "prostitueur".

Mme Halloin qui avait fait état de SMS pour étayer ses accusations n'a cependant, selon une source proche du dossier, pas été capable de les produire. Quant aux supposées victimes interrogées, elles ont toutes déclaré qu'il n'y avait pas eu d'agression sexuelle et qu'elles étaient consentantes.

"Depuis 10 mois, sur internet, le nom de Philippe Caubère est associé aux violences sexuelles dénoncées par la plaignante, malgré ses constantes dénégations", a déploré Marie Dosé, l'avocate du comédien.

Or, indique-t-elle dans un communiqué à l'AFP, la plaignante n'a pas été "en mesure de produire un certificat médical permettant d'objectiver les violences qu'elle alléguait".

Philippe Caubère a été convoqué en novembre 2018 au commissariat de police de Créteil et placé en garde à vue, prenant alors la mesure de "l'ampleur des accusations fantaisistes et délirantes de la plaignante". Il n'avait alors confirmé qu'une "relation sexuelle consentie" avec elle.

"Cette triste affaire illustre à quel point la médiatisation outrancière de simples plaintes, qu'aucun élément objectif ne vient confirmer, bafoue la présomption d'innocence des justiciables et salit la réputation d'innocents", a estimé l'avocate.

- "Continuer cette procédure" -

Le comédien a déposé plusieurs plaintes depuis pour diffamation et dénonciations calomnieuses, Solveig Halloin, aujourd'hui âgée de 44 ans, ayant "faussement dénoncé" des faits de "viol et de menaces de mort la concernant, viols prétendument perpétrés à l'encontre de quatre autres femmes, tortures et actes de barbarie prétendument perpétrés à l'encontre d'une 5e jeune femme" et "meurtres de prostituées", a détaillé Me Dosé. Elle l'avait également accusé de détenir des images pédopornographiques et de proxénétisme.

"Nous nous réservons le droit de continuer cette procédure", a néanmoins réagi lundi soir auprès de l'AFP Jonas Haddad, conseil de Solveig Halloin.

"Ma cliente maintient ses dires. Elle est très déçue, à la fois du traitement de l'enquête, mais aussi du traitement médiatique", a-t-il poursuivi, estimant que certaines pièces n'avaient pas été exploitées par les enquêteurs et que des "contre-vérités, des inexactitudes" publiées dans la presse avaient fait passer sa cliente pour une "affabulatrice" et découragé d'autres victimes de témoigner.

Les accusations contre Philippe Caubère avaient été portées alors que l'onde de choc créée par le scandale Weinstein aux Etats-Unis éclaboussaient plusieurs personnalités en France, comme l'intellectuel musulman Tariq Ramadan.

"Solveig Halloin a su (...) exploiter le mouvement de libération de la parole des victimes de violences sexuelles avec pour seule conséquence de travestir et de salir cette libération", a regretté pour sa part Me Dosé.

Philippe Caubère "n'en sort pas indemne" et "souhaite désormais se consacrer exclusivement au théâtre (...) et garder le silence sur cette page que la justice a su dignement tourner", conclut-elle dans son communiqué.

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