Canada: le général qui dirigeait la campagne de vaccination accusé d'agression sexuelle

Canada: le général qui dirigeait la campagne de vaccination accusé d'agression sexuelle
Dany Fortin, lorsqu'il dirigeait la mission de l'Otan en Irak, à Bagdad, le 17 novembre 2019
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publié le mercredi 18 août 2021 à 20h17

L'ancien responsable de la coordination de la campagne de vaccination anti-Covid au Canada, qui a dû quitter ses fonctions à cause d'une enquête militaire le concernant, est officiellement accusé d'agression sexuelle, a-t-il indiqué mercredi aux médias.

Les faits allégués remontent à 1988, quand Dany Fortin étudiait au Collège militaire royal du Canada, au Québec, a précisé son avocat.

L'officier a fermement démenti ces accusations.

"J'ai eu l'honneur et le privilège de servir les Canadiennes et les Canadiens pendant 36 ans dans des circonstances, dans des endroits difficiles, incluant des zones de combats. Mais aujourd'hui, je me bats contre un ennemi invisible, un adversaire invisible", a déclaré à la presse Dany Fortin, qui dans l'armée canadienne a le grade de "major-général".

"C'est l'épreuve la plus difficile de ma carrière", a-t-il ajouté. 

Il doit comparaître devant la justice le 20 septembre.

Celui qui a notamment dirigé la mission de l'Otan en Irak avait quitté son poste de coordinateur en mai à cause d'une enquête militaire le concernant pour des allégations d'agressions sexuelles. 

Dany Fortin avait précédemment été envoyé en Bosnie, avec les Casques bleus de l'ONU, ainsi qu'en Afghanistan où il a dirigé les troupes canadiennes. 

"Nous avons reconnu depuis le début qu'il fallait transformer nos forces armées. On a pris des mesures concrètes depuis plusieurs années mais évidemment il reste énormément à faire comme on le voit", a commenté le Premier ministre Justin Trudeau, lors d'un point presse.

Les Forces armées canadiennes sont secouées depuis plusieurs mois par une série d'enquêtes sur des hauts gradés visés par des allégations d'inconduite sexuelle, parmi lesquels l'ancien chef d'état-major de la Défense, le général Jonathan Vance.

M. Vance avait pris sa retraite en début d'année avant que ces allégations, qu'il nie, ne soient rendues publiques. En juillet, il a été accusé d'entrave à la justice. 

Son successeur, l'amiral Art McDonald, a lui aussi quitté ses fonctions quelques semaines après sa nomination, après l'ouverture d'une enquête sur des accusations similaires.

La semaine dernière, cette enquête visant M. McDonald a été clôturée sans que des accusations ne soient portées contre lui.

En outre, fin avril, le ministre de la Défense Harjit Sajjan a chargé l'ancienne procureure du Tribunal pénal international (TPI) Louise Arbour de mener une enquête indépendante sur la gestion des cas de harcèlement sexuel au sein de l'armée.

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